vendredi 21 décembre 2018

Le "pin lunaire" du monastère d'Ueno - Ando Hiroshige


A travers la branche du "pin lunaire" on découvre ici une vue de l'étang Shinobazu-no ike, c'est-à-dire Étang de l'Impatience.
Comme cela arrive souvent dans les estampes de la série, le "centre sémantique" ne correspond pas au centre de la composition. Ici, tout le premier plan est occupé par la fameuse branche du "pin lunaire" que l'artiste a élevé au rang d'élément principal de l'œuvre. En fait, le centre d'attraction de l'endroit représenté qui est bien le sanctuaire de Benten, est à peine ébauché : ses constructions que l'on reconnaît aisément à la couleur rouge, propre à tous les édifices shintoïstes, sont reléguées au bord de la feuille qui les coupe.
L'encadrement formé par la branche contient le tableau de la rive opposée de l'étang Shinobazu-no ike. A l'époque de Hiroshige, cet endroit ( Hongodai ) était occupé par les demeures des daimyo. La résidence comprise dans l'encadrement de la branche du pin est Kagayashiki qui en 1616-1617 appartenait à la famille Maeda qui gouvernait la province de Kaga. Les constructions monochromes de la résidence forment le fond du paysage dont la dominante est le beffroi se dressant sur le territoire du domaine.

Texte : Mikhaïl Ouspenski


Le "pin lunaire" du monastère d'Ueno ( Ando Hiroshige ) ( 8 / 1857 ) 89ème estampe de la série des Cent aspects d'Edo. 

4 commentaires:

  1. Peut-être pour nous enseigner que l'essentiel n'est pas dans ce que nos yeux voient... ;-)
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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  2. On ne voit bien qu'avec le cœur, c'est cela peut-être. J'aime beaucoup les estampes et leur cadre surtout. Celui-ci est comme certains surprenant.
    Bises.

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  3. L'impermanence... (ref. "Ledit des Heike")
    ;-)

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