vendredi 19 janvier 2018

La nuit des forains ( Ingmar Bergman )

La nuit des forains conte les tentatives parallèles d'un homme et de sa maîtresse pour échapper à leur condition.


Le cirque dont Alberti est le propriétaire et le Monsieur Loyal, fait halte dans la ville où il a laissé femme et enfants trois ans plus tôt pour partir sur les routes. Et les affaires d'Alberti vont mal, il est obligé d'aller mendier des costumes au théâtre local. Il y va accompagné de sa maîtresse Anne ...
Dans les premières minutes du film, on assiste au réveil d'Alberti et d'Anne dans leur roulotte qui va lentement au rythme des chevaux. Si ce sont des instants presque doux, ce seront les derniers ...
Peu après son réveil, on raconte à Alberti comment le clown Frost est allé rechercher sa femme qui s'était laissé entraîner à se baigner nue avec des militaires. Il s'agit d'un récit, un petit court métrage quasiment muet, à l'intérieur du récit, très différent du reste de celui-ci.


J'aime beaucoup les films d'Ingmar Bergman et j'ai aimé en revoir un. La nuit des forains ( 1953 ) fait partie selon moi de ses grands films et est peut-être plus facile d'accès que des oeuvres ultérieures, je pense à Persona ou à Cris et chuchotements par exemple, et Harriet Andersson est très belle.

samedi 30 décembre 2017

The Portland sessions - Joe Henry / Lisa Hannigan et The Wild Reeds

Oh, je sais, j'ai déjà posté une vidéo de Joe Henry et ça il n'y a pas si longtemps. Mon excuse pour en poster une seconde est que dans cet épisode, notre héros n'est pas seul mais en la très belle compagnie de Lisa Hannigan.
Lisa et Joe chantent trois chansons :
Little bird ( Lisa Hannigan )
Piano furnace ( Joe Henry )
Passenger ( Lisa Hannigan )


The Portland sessions est une série d'enregistrements de différents artistes à chaque fois filmés de la même manière et cela dans un lieu unique et sans public.

Je mets également en bonus un extrait de The Wild Reeds, un groupe que je viens de découvrir grâce à cette série. La chanson sappelle Love letter.


Guitares, mandoline, ..., belles voix, banjo pour cette fin d'année.
Un bon réveillon à tous.
A bientôt.

mercredi 27 décembre 2017

Les six cordes - Federico Garcia Lorca


Les six cordes

La guitare
fait pleurer les songes.
Le sanglot des âmes
perdues
s'échappe par sa bouche
ronde.

Et comme la tarentule,
elle tisse une grande étoile
pour chasser les soupirs
qui flottent dans sa noire
citerne de bois.


( Graphique de la Petenera - Poésies II ( nrf - Poésie / Gallimard ))

vendredi 22 décembre 2017

"That leaving feeling" - Stuart A. Staples / Lhasa

Stuart A. Staples - dans le clip, c'est la "locomotive à moustaches" - est le chanteur et compositeur du groupe anglais Tindersticks. Lhasa chante deux autres duos avec lui, cette fois sur des disques du groupe mais That leaving feeling elle, est parue sur son essai en solo de 2006, Leaving songs.
PS : Stuart A. Staples possède une résidence  dans les environs de La Souterraine ( 23 ). Peut-être le croiserai-je un de ces jours dans la rue ou à la caisse d'un supermarché, qui sait ?




dimanche 17 décembre 2017

"See the woman" - John Trudell


John Trudell a eu un parcours singulier - tous les parcours le sont mais le sien a fait qu'il est devenu pour moi comme une sorte de phare ...
Il est d'abord militant de défense des droits des Indiens. Entre 1969 et 1971, il est des presque deux ans d'occupation pacifique de la prison d'Alcatraz, en devenant le porte-parole et encore animant une émission de radio : Radio Free Alcatraz. De 1973 à 1979, il est président de l'AIM ( American Indian Movement ). Durant ces années, le FBI empile des milliers de fiches sur lui.
Trudell quitte l'AIM suite à la mort de sa famille dans l'incendie de sa maison. Il accuse le FBI mais ... qui peut prouver quoi que ce soit contre la police fédérale ?
Commence alors pour lui une vie d'errance ... et de poésie.
Sa rencontre avec Jesse Ed Davis, un grand guitariste d'origine indienne lui aussi, le pousse à mettre ses textes en musique. Après la mort de Davis en 1988, il continuera : sa poésie dite sur un mélange de blues-rock et de chants traditionnels indiens.

J'ai découvert John Trudell avec AKA Grafitti man. J'ai écouté cet album des dizaines et des dizaines de fois. Je lui trouvais une espèce de perfection, peut-être avant tout dans l'équilibre entre morceaux lents et rapides, entre textes revendicatifs ou plus intimes. Je me disais que Bob Dylan avait raison quand il disait que c'était pour lui le meilleur album de 1986. Plus tard, j'ai appris que mon AKA Grafitti man à moi, sorti en 1992, était en fait une compilation faite pour le marché européen qui reprenait simplement le titre de l'album de 1986 que l'oncle Bob passait en première partie de ses concerts, lui donnant comme ça un sacré coup de pouce.

John Trudell, le "guerrier" sioux est mort il y a deux ans et il a eu un parcours singulier - tous les parcours le sont mais le sien a fait qu'il est devenu pour moi comme une sorte de phare, de héros, un visage pour la révolte si je devais lui en donner un.


J'avais le choix entre beaucoup de morceaux aux ambiances différentes : Bombs over Bagdad, son virulent pamphlet contre les USA du premier Bush ( Des vampires boivent du sang dans des cocktails de pétrole ), Crazy Horse, sur la pensée du grand chef indien ( Crazy Horse, nous avons entendu ce que tu as dit : Une terre, une mère ), Tina smiled, sur sa femme disparue ( La dernière fois que je l'ai vue, Tina souriait ).
J'ai finalement opté pour See the woman, cette ode à la femme et à toutes les femmes qui n'est pas sur AKA Grafitti man mais sur Johnny Damas and me, son disque de 1994. Une des raisons de mon choix est que j'ai aimé en traduire le texte.


Observe la femme

Elle a un jeune visage
Un visage vieux
Elle se porte bien

Dans tous les âges
Elle survit à toutes les actions de l'homme

Dans certaines tribus elle est libre
Dans certaines religions
Elle est sous le joug de l'homme
Dans certaines sociétés
Elle vaut ce qu'elle consomme

Dans certaines nations
Elle est force délicate
Dans certains pays
Elle est dite faible
Dans certaines classes
Elle est une propriété

Dans tous les exemples
Elle est soeur de la terre
Dans toutes les situations
Elle est source de vie
Dans toute vie elle est notre nécessité

Observe les yeux de la femme
Des fleurs ondoyantes
Sur les collines éparpillées
Soleil dansant qui appelle les abeilles

Observe le cœur de la femme
Des papillons de lavande
Sur un ciel bleu
Voile de pluie tombant
Sur de douces roses sauvages

Observe la beauté de la femme
Un éclair striant
L'obscurité des nuits d'été
Les forêts de pins s'accouplant
Avec la première neige d'hiver

Observe l'esprit de la femme
Jour après jour servant le courage
Avec le rire
Sa respiration un rêve
Et une prière

dimanche 26 novembre 2017

"Atini alnay wa ghanny" - Lhasa

Le troisième post de ce blog proposait "On rit encore", un duo avec Arthur H. C'est une chanson originale de Lhasa que l'on ne peut trouver que sur le disque en public d'Arthur H, Show time.

Ici, une deuxième vidéo avec la reprise de Fairuz, Atini alnay wa ghanny ( Donne-moi la flûte et chante ). Au début de la vidéo, Lhasa parle du Liban. Son grand-père était originaire de ce pays, elle évoque le parcours de celui-ci dans sa chanson "J'arrive à la ville".


Atini alnay wa ghanny ( Donne-moi la flûte et chante ) est un poème de Khalil Gibran dont voici une traduction en français.

Donne-moi la flûte et chante
Car le chant est le secret de la vie éternelle
Et le gémissement de la flûte restera
Après la disparition de l'univers

As-tu, comme moi, pris la forêt
Pour demeure au lieu des palais ?
Et as-tu suivi le cours des ruisseaux
Et escaladé les rochers ?

T'es-tu baigné de parfum
Et séché de lumière ?
Et as-tu bu l'aube en tant que vin
Dans des coupes faites d'éther ?

Donne-moi la flûte et chante
Car le chant est le secret de la vie éternelle
Et le gémissement de la flûte restera
Après la disparition de l'univers

T'es-tu, comme moi, assis l'après-midi
Entre les plants de vignes
Et les grappes qui pendent
Comme des lustres dorés ?

As-tu, la nuit, pris l'herbe comme couche
Et le ciel pour couverture
Renonçant à ce qui adviendra
Oubliant ce qui est passé ?

Donne-moi la flûte et chante
Car le chant est intégrité pour les cœurs
Et le gémissement de la flûte restera
Après la disparition de l'univers

Donne-moi la flûte et chante
Et oublie maux et remèdes
Car les hommes ne sont que des lignes
Écrites mais avec de l'eau

( Traduction : Mahmoud B. ( Lyricstranslate.com ))

Lhasa


Découverte 
Je ne sais plus. C'était pourtant il n'y a pas si longtemps que ça. Etait-ce au moment de sa mort ou bien alors juste avant ? Finalement, maintenant, qu'est-ce que cela change ? La perte est immense. Le trésor aussi ...

Les faits bruts
Lhasa ( de son nom complet Lhasa De Sela ) est née le 27 Septembre 1972 à Big Indian, New York et est décédée le 1er Janvier 2010 à Montréal.
Née dans une famille nombreuse et nomade aux Etats-Unis, à sa majorité elle s'installe au Canada, se posera deux à trois ans à Marseille, pour finalement revenir à Montréal.

Elle a publié dans sa carrière trois albums. La Llorona en 1997, composé de traditionnels et d'originaux écrits avec Yves Desrosiers. The living road ( 2003 ) lui est trilingue ( français, espagnol, anglais ), l'anglais seule langue de son ultime disque, Lhasa ( 2009 ). 35 chansons ...

Les albums 
La Llorona nous entraîne du côté du Mexique, mais au-delà dans un pays imaginaire où nous n'aurons que ces légendes chantées par Lhasa pour en délimiter les frontières. Dans The living road, c'est la route qu'elle chante et fait chanter, laissant sur le bas-côté 12 pierres pour ceux qui la suivent. Sur Lhasa ( 2009 ), le voyage est là, toujours, mais plus vers l'intérieur cette fois, ce que porte un folk crépusculaire et une voix qui, si elle n'a plus ses jaillissements habituels, se fait plus profonde.

Je milite
Je milite - seul, sans banderole, en silence - pour que soit réunis sur disque les collaborations avec d'autres artistes et les reprises qu'elle a pu semer ici et là tout au long de sa carrière. Pour ce qui est des collaborations, elles sont déjà disponibles sur les albums des artistes respectifs avec qui elle a chanté mais pour certaines déjà difficiles à se procurer.

Info
Prêt de huit ans après sa disparition, un nouveau disque de Lhasa sort : il s'agit d'un album enregistré en public en Islande lors de sa dernière tournée, Live in Reykjavik.


La nuit des forains ( Ingmar Bergman )

La nuit des forains conte les tentatives parallèles d'un homme et de sa maîtresse pour échapper à leur condition. Le cirque dont Al...