lundi 18 juin 2018

Ford Mustang - Serge Gainsbourg


Sur l'album Initials B.B., à côté des trois incontournables que sont la chanson éponyme, Comic strip et Bonnie and Clyde, il y a Ford Mustang, ce petit bijou d'écriture, une de mes préférées de Mr. Gainsbourg.

Deux personnes qui ont beaucoup compté pour moi ont eu un jour l'idée de faire une version "moderne" de cette chanson en changeant les objets cités dans les couplets par d'autres plus dans l'air du temps. C'était dans les années 90. Peut-être avaient-ils pensé à un livre de Michel Houellebecq, un walkman ... En 2018, qui aurait-il ? Une tablette ? Une cannette de Red Bull ? Une cigarette électronique ? ... Un cd de Charlotte ?



Ford Mustang

On se fait des langues
En Ford Mustang
Et Bang !
On embrasse
Les platanes
Mus à gauche
Tang à droite
Et à gauche, à droite

Un essuie-glace
Un paquet de Kool
Un badge
Avec inscrit dessus
Keep cool
Une barre de chocolat
Un Coca-cola

On se fait des langues ...

Une bouteille
De fluide Make-up
Un flash
Un Browning
Et un pick-up
Un recueil d'Edgar Poe
Un briquet Zippo

On se fait des langues ...

Un numéro
De Superman
Un écrou de chez
Paco Rabanne
Une photo de Marylin
Un tube d'aspirine

On se fait des langues ...

mardi 5 juin 2018

Sofia s'habille toujours en noir - Paolo Cognetti


L'important, disait-elle, c'est de s'habituer à un visage : pas la beauté, mais l'habitude. Au fond, qu'est-ce que la beauté, sinon une stupide histoire de géométrie, un encastrement heureux dans un échantillonnage des bouches, nez et oreilles disponibles ? Quand un visage vous est familier, qu'on l'a vu ensommeillé, enrhumé, dévasté par une mauvaise journée, bref, quand on y est habitué, on a surmonté le problème de la beauté, tu ne crois pas ? Tout en discourant elle fumait deux, trois ou quatre cigarettes dont la cendre échouait en partie seulement dans une soucoupe à café, sur le bord de la baignoire. Son discours aussi s'échappait de toutes parts. Les fumeurs, pensais-je, peuvent être répartis en deux catégories, ceux qui font attention au destin de leur cendre et ceux qui s'en moquent totalement. Les seconds ont en général l'habitude de gesticuler. Les premiers ont tendance à se gâcher l'existence en se souciant trop des opinions d'autrui et des conséquences de leurs propres actes. Je connaissais bien cette catégorie d'individus : ils approuvent tout le monde et quand ils se disputent avec quelqu'un, finissent par en dire plus qu'ils n'aimeraient en avoir dit et présentent leurs excuses de manière sentimentale. Ces gens-là écrasent non seulement leurs mégots, mais aussi ceux des autres qui gisent dans des soucoupes qu'ils se dépêchent de laver. Les étourdis, eux, montrent peu à peu d'autres signes de négligence. Un manque de soins pour leur personne, qui constitue également une forme de distraction. Ils se heurtent aux meubles, ils se font mal tout seuls. Telle était Sofia.


Sofia s'habille toujours en noir ( Paolo Cognetti ) ( 2012 ) p 201 ( éditions Liana Levi )

mardi 29 mai 2018

Set the controls for the heart of the sun - Pink Floyd

Cet enregistrement a eu lieu le 20 Février 1968 au Studio des Buttes-Chaumont pour l'émission Bouton Rouge que les français ont pu voir quatre jours plus tard le 24 Février à 18 h 15. Le 20 Février, soit un mois jour pour jour après le probable dernier concert de Syd Barrett avec le groupe.
Set the controls for the heart of the sun est un des quatre morceaux interprétés et diffusés à cette occasion, les autres étant Astronomy domine, Flaming et Let there be more light.

L'émission Bouton Rouge était présentée par Pierre Lattès.



mercredi 23 mai 2018

Pastorale américaine - Philip Roth



  J'avais dans ma classe le frère cadet du Suédois, Jerry Levov, un gamin malingre, taillé comme un bâton de réglisse, avec une petite tête, souple comme un chat, surdoué en mathématiques - il quitta le lycée en 1950. Sans être jamais vraiment l'ami de personne, à sa manière irascible et impérieuse, Jerry finit par s'intéresser à moi et c'est ainsi qu'à dix ans, je me faisais battre régulièrement au ping-pong dans le sous-sol aménagé des Levov, à l'angle de Wyndmoor Street et de Keer Avenue - le terme "aménagé" indiquant qu'il était lambrissé de pin noueux, et non pas destiné à ménager les petits camarades de Jerry, ce qu'il ne semblait guère disposé à faire.
  L'agressivité explosive que Jerry manifestait à une table de ping-pong dépassait de loin celle de son frère à n'importe quel sport. Une chance pour moi : la balle de ping-pong, par sa forme et son poids, est génialement conçue pour ne pas vous emporter un œil. Sinon, je ne serais jamais allé jouer dans le sous-sol des Levov. Si cela n'avait pas été pour me vanter d'avoir mes entrées chez le Suédois, rien n'aurait pu me faire descendre là-bas avec pour seule protection une petite raquette en bois de rien du tout. Un objet aussi léger qu'une balle de ping-pong ne saurait se transformer en arme fatale, pourtant, la façon dont Jerry la catapultait laissait transparaître une soif de meurtre. Il ne me vint jamais à l'esprit que cette démonstration de violence n'était peut-être pas sans rapport avec le statut de petit frère du Suédois. Moi qui ne pouvais m'imaginer sort plus enviable - sauf à être le Suédois lui-même -, comment aurais-je deviné que pour Jerry il était difficile d'en imaginer de pire ?


Pastorale américaine ( Philip Roth ) ( 1997 ) pp 19-20 ( Folio )

dimanche 20 mai 2018

Le marquis de Bolibar - Leo Perutz



   Peu de temps avant la guerre franco-allemande mourut à Dillenburg, petite ville de l'ancien duché de Nassau, un gentilhomme, propriétaire foncier, du nom d'Edouard de Jochberg. C'était un étrange vieillard qui éprouvait pour toute espèce de conversation une aversion presque pathologique. Il passait la plus grande partie de l'année sur ses terres. Ce ne fut qu'à la fin de sa vie que les progrès de la maladie l'obligèrent à transporter de façon définitive sa résidence dans la petite ville.
   Aucune des rares personnes qui étaient admises près de lui, ses chiens de chasse et ses chevaux représentant ses compagnons habituels, ne savait que M. de Jochberg était un vieux soldat qui, aux temps de sa jeunesse, avait vécu une partie des campagnes de Napoléon 1er. Personne ne l'avait jamais entendu faire le moindre récit ou la moindre allusion, en ce qui concernait cette partie de son existence. On conçoit que la surprise de tous ceux qui l'avaient connu fut très grande, lorsqu'à sa mort, on découvrit près de son testament, soigneusement classés, ficelés et scellés, une liasse de papiers dans lesquels un premier examen fit bien vite reconnaître les mémoires du lieutenant de Jochberg pendant la campagne d'Espagne.
   Les révélations sensationnelles de ces documents éveillèrent dans toute la province de Nassau et dans le grand-duché de Hesse limitrophe un intérêt extraordinaire. Les journaux locaux insérèrent des comptes rendus et des extraits des Mémoires de M. de Jochberg ; des savants réputés examinèrent les papiers ; les héritiers du défunt, son neveu Guillaume de Jochberg, professeur agrégé à Bonn, et une vieille personne, Mlle d'Hartung, d'Aix-la-Chapelle, furent l'objet, de la part des éditeurs, des sollicitations les plus pressantes. Bref, on ne parla plus que de ces Mémoires, et la guerre qui éclata bientôt après ne réussit pas à faire rentrer complètement dans l'ombre cet événement.
   Ces Mémoires jetaient, en effet, une vive clarté sur un chapitre encore très obscur de l'histoire nationale : à savoir, la destruction totale par des guérillas espagnoles des deux régiments de Nassau et du Prince héritier de Hesse.


Le marquis de Bolibar ( Leo Perutz ) ( 1920 ) pp 11-12 ( Albin Michel )

mercredi 7 février 2018

Island song ( Lhasa ) ( Pianocéan )

C'est il y a peu que je suis tombé sur cette chanson inédite de Lhasa dans sa version originale. Difficile pour moi de ne pas la mettre sur ce blog, d'autant plus qu'elle est l'occasion de parler aussi d'un beau projet.

Island song ( Lhasa De Sela / Joe Grass )


Cette chanson, je l'ai d'abord découverte chantée par Marieke Huysmans-Berthou avec Ronan O Snodaigh et Piers Faccini.


Marieke Huysmans-Berthou a lancé il y a quelques années un très beau projet, épatant, poétique : Pianocéan. Un bateau, le bien nommé Lady Flow avec à son bord un piano, une scène et un studio d'enregistrement pour un voyage autour du monde.
Vous pouvez aller découvrir ce projet sur :
pianocean.wordpress.com

When comes the time of the northern wind


Et un petit extrait à Vannes en 2016 : Erie Canal en Bretagne !


dimanche 4 février 2018

Another brick in the wall / La Grange ( Luna Lee )


C'est grâce au blog des Caphys - Cafardages2.canalblog.com, "Merci à eux !" - que j'ai découvert cette musicienne faisant des reprises de différents standards.
Le gayageum est un instrument de musique traditionnel coréen comportant douze cordes de soie et une caisse de résonance en bois de paulownia. Ceux de Luna Lee en sont des versions modernes, modifiées, électrifiées.
De nombreuses vidéos. J'ai choisi Pink Floyd et ZZ Top que personnellement je trouve parmi les plus sympas.



Ford Mustang - Serge Gainsbourg

Sur l'album Initials B.B., à côté des trois incontournables que sont la chanson éponyme, Comic strip et Bonnie and Clyde, il y a Ford...