mardi 22 septembre 2020

Les braises - Sandor Marai

 


Les braises, c'est un rendez-vous. Il a été pris par les deux meilleurs amis du monde ; il a été tacitement pris ; quarante-et-un ans auparavant. Dans son château, le général Henri reçoit la visite de son vieil ami Conrad. De si nombreuses années, plus de quatre décennies qu'il attend et prépare cette rencontre.

Les deux se sont connus jeunes, faisant ensemble l'école militaire, Henri le fortuné accueillant le moins chanceux Conrad. Tout, à cette époque-là, aurait pu être pour le mieux si Conrad ne s'était révélé au fil du temps différent, peu fait pour la carrière des armes et plus pour la musique et l'art en général. Henri, pendant toutes ses années de solitude, séparé de sa femme Christine pour une raison et d'une manière que l'on apprendra et encore après la mort de celle-ci, a eu tout le temps du monde de ruminer cette affaire, de se poser des foules de questions, d'y répondre. Ce qui fait que cette rencontre aurait pu ne pas avoir lieu mais elle a été inscrite quelque part et fatalement ... Petit à petit, Henri refait pendant cette soirée et cette nuit qu'il va passer avec Conrad le bilan de sa vie, celui qu'il a mis quarante-et-un ans à élaborer. Petit à petit, nous découvrons ce qui a séparé les deux hommes, la raison pour laquelle Conrad est parti du jour au lendemain sous les Tropiques.

Nous sommes aux premiers bourdonnements de la Seconde Guerre Mondiale - ils ont vécu bien différemment la Première, Henri au feu, Conrad très loin de lui - et les deux vieillards observent en même temps que leur histoire conjointe, la Grande, en même temps que leur décrépitude, celle de leur pays qui n'est plus, celle de leur génération qui sera bientôt du passé. 

Sandor Marai est encore un nom dont je n'avais jamais entendu parler avant d'aller sur le blog de Claude ( Blogart / La Comtesse ).  Merci Claude pour cette nouvelle découverte importante. 


Les braises ( Sandor Marai ) ( 1942 ) Éditions Le Livre de Poche. 

mercredi 16 septembre 2020

Compilation 2020 / Numéro 1

1) Echoes, part 1 ( Pink Floyd )

2) Anyway the wind blows ( Eric Clapton / J.J. Cale and friends )

3) Roads ( Portishead ) 

4) Chocolate Jesus ( Tom Waits ) 

5) The sound of silence ( Simon and Garfunkel ) 

6) Hemingway ( Paolo Conte ) 

7) Dollar bill blues ( Townes Van Zandt ) 

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin ) 

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan ) 

10) The river ( Bruce Springsteen ) 

11) Mr. Soul ( Neil Young ) 


Pink Floyd, pour moi, c'est 1967-1977, rien à jeter, même les morceaux les moins bons. Après 1977, c'est autre chose. 

1971 : les Pink Floyd en live - et de concert - avec sans doute déjà en tête ce qui deviendra leur grande œuvre, Dark Side of the moon. 

Le titre Echoes, dans l'amphithéâtre de Pompéi, est parfaitement approprié en ces lieux avec pour seul public peut-être celui composé des fantômes des personnes mortes dans l'éruption de Vésuve. 





mardi 15 septembre 2020

Clea - Lawrence Durrell

 


Dans Clea, on assiste aux retours de Darley. Retour en temps que narrateur et également, se décidant enfin à quitter son île, retour à Alexandrie - en chair et en os, cette fois-ci. C'est pour Clea qu'il revient ... pour faire avancer cette histoire jusqu'à sa conclusion aussi. Nous sommes quelques années après les trois premiers volumes, en pleine Seconde Guerre Mondiale. Darley découvre d'ailleurs une Alexandrie sous les bombardements. Qu'en est-il de Nessim ? de Justine ? de Balthazar ? de Mountolive ? de la mémoire de Scobie ? Quelle est la véritable raison du suicide de Pursewarden ? Toutes ces questions trouveront ici des réponses. 

Voilà donc le quatrième et dernier volume du Quatuor et si, sur mes trois premiers posts, j'ai dévoilé certaines choses de l'histoire, c'était au final bien peu tellement celle-ci est riche, en personnages, en rebondissements ...

Ce Quatuor d'Alexandrie est bien une des grandes œuvres littéraires du 20ème siècle de par sa composition particulière ( pour résumer, les trois premiers tomes racontant la même histoire différemment et le quatrième en conclusion ), de par son style ( les descriptions, qu'elles soient de la ville ou de ses environs, à la fois précises et poétiques, créent une Alexandrie dans le même mouvement prosaïque et onirique où nous avons la très nette impression d'évoluer nous-mêmes ), de par ses personnages récurrents ( principaux ou secondaires, leurs particularités physiques ou de langage les rendent mémorables ), de par les signes ( Durrell et son narrateur se référant souvent à la mythologie grecque ), de par ses nombreux pièges et fausses pistes ...

Quatre romans indissociables et qu'il faut lire dans l'ordre, comme les quatre lettres du mot Love. Même si Justine dit de celui-ci : "Au diable le nom qu'on lui donne, qu'on l'écrive donc à l'envers, comme tu m'as dit que faisaient les Elizabéthains pour Dieu. Appelle-le Evol, comme dans "évolution" ou "révolte".


Clea ( Le quatuor d'Alexandrie 4 ) ( Lawrence Durrell ) ( 1960 ) Éditions Buchet/Chastel et Éditions Le Livre de Poche ( La Pochothèque ) 




dimanche 13 septembre 2020

Compilation 2020 / Numéro 2

1)

2) Anyway the wind blows ( Eric Clapton / J.J. Cale and friends )

3) Roads ( Portishead )

4) Chocolate Jesus ( Tom Waits )

5) The sound of silence ( Simon and Garfunkel )

6) Hemingway ( Paolo Conte )

7) Dollar bill blues ( Townes Van Zandt )

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin )

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan )

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )


Trois guitaristes ont comptés pour moi. Mark Knopfler, auquel je dois mes premiers frissons musicaux. Jimi Hendrix aussi, je l'ai beaucoup écouté mais je le préférais blues à psyché. Et puis, est venu Eric Clapton. Je me suis mis alors à dérouler sa carrière. Et j'ai été si souvent enchanté par ce que j'entendais mais je l'admets, aussi déçu quand il s'éloignait de ce blues qui est son ADN. Pas de déception par contre quand il reprend un de mes héros, J.J. Cale, dont je ne reste pas  longtemps sans mettre un de ses albums, quel qu'il soit.

L'occasion est trop belle, deux de mes idoles qui s'amusent sur scène sur ce petit bijou Anyway the wind blows. En bonus, deux autres grands guitaristes : Derek Trucks et Doyle Bramhall II.

Hey, drummer, drummer, can you give me that beat
Can you give me that beat, got to move my feet




vendredi 11 septembre 2020

Compilation 2020 / Numéro 3

1)

2)

3) Roads ( Portishead )

4) Chocolate Jesus ( Tom Waits )

5) The sound of silence ( Simon and Garfunkel )

6) Hemingway ( Paolo Conte )

7) Dollar bill blues ( Townes Van Zandt )

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin )

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan )

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )


Comme quoi, comme souvent, comme rarement, c'est plus comme je la ressens que comme je la comprends. 

Bien sûr, c'est une alchimie. Il y a dedans la guitare d'Adrian, il y a les bidouillages électroniques de Geoff ( samples de jazz, de musiques de films et autres ) mais c'est vrai, je l'avoue, pour moi, il y a surtout les mots, la voix unique, le chant désenchanté, torturé, de Beth.

Écoutez par exemple Mysterons ... Did you really want, écoutez Sour times ... Nobody loves me, it's true, not like you do, écoutez Roads ...




mardi 8 septembre 2020

Compilation 2020 / Numéro 4

1)

2)

3)

4) Chocolate Jesus ( Tom Waits )

5) The sound of silence ( Simon and Garfunkel )

6) Hemingway ( Paolo Conte )

7) Dollar bill blues ( Townes Van Zandt )

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin )

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan )

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )


C'était en Mai 2000 pour la tournée Mule Variations, un des albums que j'ai le plus attendu de ma vie. C'était à Paris, au Grand Rex. 

Tom Waits, le personnage, son chapeau, ses mimiques, les poches de sa veste pleines de paillettes ou de poudre magique ...

Ces musiciens étaient déjà sur scène et avaient leurs instruments en mains. Les clameurs qui avaient accueilli l'entrée de son contrebassiste portant un chapeau étaient maintenant retombées. Alors que les derniers arrivants s'installaient, il est entré dans la salle par la même porte que moi, hurlant dans son mégaphone : "Good evening, Ladies and Gentlemen, good evening !", puis il a fendu la foule en le répétant et il a rejoint ses musiciens ...




lundi 7 septembre 2020

Mountolive - Lawrence Durrell

 



Un changement de taille pour ce troisième volume. Darley, le narrateur, a disparu et a été remplacé par un point de vue extérieur. Ceci rend la facture de ce roman beaucoup plus classique par rapport aux premiers échafaudés autour des réminiscences irrégulières de Darley. 

Il débute comme une préquelle de l'histoire précédente, s'attachant aux pas de David Mountolive. A l'époque du complot, il est nommé ambassadeur britannique, jonglant entre Le Caire, la capitale d'hiver et Alexandrie, celle d'été. Mais bien avant cela, jeune homme, il a déjà séjourné en Égypte où il fut l'amant de Leila Hosnani ( et l'amour de sa vie ), la mère de Nessim et Narouz, quand ceux-ci étaient adolescents. 

De part son angle de vue, ce volet est plus politique. Nous sommes dans les coulisses de la diplomatie, ses hauteurs et ses bassesses. Le complot de Nessim et Narouz est un sujet délicat pour l'ambassadeur à cause de sa proximité avec leur famille. Le suicide de Pursewarden, grâce à une dernière lettre envoyée à Mountolive, est ici clairement attribué à la mission que celui-ci lui avait confiée. Il avait défendu Nessim bec et ongles, ne le croyant capable d'aucune action néfaste contre les Anglais, il se sent honteux de s'être trompé et d'avoir été floué. 

Mais Alexandrie et ses amours sont toujours là. Qu'elles soient encore histoire de masques et de carnaval comme pour Amaril et Semira, histoire fraternelle comme pour Pursewarden et sa sœur aveugle Liza, dont le destin est de faire la rencontre de Mountolive ou histoire du passé comme pour celui-ci et Leila ...


Mountolive ( Le quatuor d'Alexandrie 3 ) ( Lawrence Durrell ) ( 1958 ) Éditions Buchet/Chastel et Éditions Le Livre de Poche ( La Pochothèque )




dimanche 6 septembre 2020

Compilation 2020 / Numéro 5

1)

2)

3)

4)

5) The sound of silence ( Simon and Garfunkel )

6) Hemingway ( Paolo Conte )

7) Dollar bill blues ( Townes Van Zandt )

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin )

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan )

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )


J'ai d'abord découvert Paul Simon par Graceland et The rhythm of the saints. Je me rappelle d'ailleurs un petit effet dans une soirée avec des amis en passant The obvious child ... Et bien sûr, j'avais vu Le lauréat ... Mais c'est seulement après que je suis tombé sur The Concert in Central Park.

La première fois, c'était par une belle journée ensoleillée. C'est bizarre de se souvenir de ça ... J'avais ouvert les fenêtres et progressivement j'ai augmenté le volume. L'accord des voix de Simon et Garfunkel, la clarté,  la pureté de leur musique, de leurs mélodies ... il ne faut pas parler de perfection, mais ce jour-là ( et bien d'autres depuis ), il ne pouvait pas y avoir mieux.

PS : Comment peut-il y avoir ten thousand people and more le pouce baissé sous cette vidéo ?




samedi 5 septembre 2020

Balthazar - Lawrence Durrell

 


Toujours sur son île, le narrateur, dont on apprend enfin le nom, Darley, reçoit la visite éclair et surprise de Balthazar. Darley lui a en effet envoyé le manuscrit de "Justine". Balthazar vient le lui ramener et geste décisif, il s'est permis de mettre des commentaires dans les marges, lui révélant des réalités insoupçonnées, ainsi que de nombreuses erreurs dans le récit original.

La principale révélation de Balthazar est la destruction pure et simple de l'histoire d'amour avec Justine. Duperie, manipulation, le pauvre Darley va devoir faire avec ces mots-là, avec les sentiments qui en découlent : il faut qu'il se souvienne encore et dorénavant qu'il se souvienne mieux. Pourquoi la mauvaise humeur de Nessim, si celui-ci était au courant, s'il avait même encouragé cette liaison ? N'est-ce pas plutôt à cause de problèmes d'ordre politique ? Ce complot copte contre les intérêts anglais dont Nessim est l'instigateur, aidé par son frère Narouz, comment Darley a-t-il pu passer à côté ? Deux frères qui sont aussi dissemblables que possible : là où Nessim est beau, brillant, à l'aise en société, son frère est un homme de la terre, brute, sauvage et affublé d'un bec de lièvre. Son amour, non partagé certes, avec la belle Clea et de surprenantes qualités d'orateur, s'ils le sauvent à nos yeux, ne le feront peut-être pas aux yeux de certains.

Le suicide de Pursewarden, le seul véritable amour de Justine selon Balthazar, est encore vecteur de mystères ... Une histoire de mort de plus, une simple histoire d'Alexandrie ? à placer à côté de celle de Scobie, le policier travesti en femme qui se fait assassiner dans cet accoutrement ? Mais n'est-ce pas plus que ça, tant Pursewarden semblait avoir lui aussi d'autres implications que sentimentales dans sa vie ?

Dans ce deuxième tome du quatuor, si certains sont tombés, les masques ont toujours leur utilité, comme dans la grande scène du bal chez les Cervoni. Un masque, une cape comme à Venise et la seule façon de distinguer un homme d'une femme,  ce sont les mains. On peut voir si la personne porte une bague, mais si on ne regarde pas attentivement ... Narouz en fera les frais.


Balthazar ( Le quatuor d'Alexandrie 2 ) ( Lawrence Durrell ) ( 1958 ) Éditions Buchet/Chastel et Éditions Le Livre de Poche ( La Pochothèque )




vendredi 4 septembre 2020

Compilation 2020 / Numéro 6

1)

2)

3)

4)

5)

6) Hemingway ( Paolo Conte )

7) Dollar bill blues ( Townes Van Zandt )

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin )

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan )

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )



Comme tout le monde, je connaissais Come di et Via con me. Chez un ami, j'ai vu ce disque : Concerti de Paolo Conte. Et ce titre : Hemingway. J'en ai lu les paroles. C'est là que ça a dû se passer. J'ai demandé à écouter. Plus j'attendais que la chanson arrive, plus j'aimais ce que j'entendais. Quelques jours après, je suis allé l'acheter. Je l'ai toujours vingt ans plus tard. Personne ne me le prendra.   





Les braises - Sandor Marai

  Les braises, c'est un rendez-vous. Il a été pris par les deux meilleurs amis du monde ; il a été tacitement pris ; quarante-et-un ans ...