samedi 9 novembre 2019

Tristessa - Jack Kerouac



Tristessa est peut-être un court roman, peut-être une nouvelle mais plus sûrement un long blues - qui pourrait faire partie des Mexico City blues parce que c'est là qu'il se déroule. Un blues de Kerouac, en deux mouvements, composé comme à son habitude de son écriture de l'instant.
Dès les premières lignes, on est plongé dans le monde de Tristessa, une pièce surchargée, surpeuplée, jeunes, vieux, animaux, crucifix, une pièce sale, malade, droguée. Avec au milieu de tout ça, un Kerouac qui lui ne l'est pas, drogué, mais passablement borracho. Et plombé par cet amour dont il ne sait pas quoi faire pour cette prostituée, cette beauté métisse de Tristessa.  Doit-il la quitter, doit-il l'épouser ? Peut-il la sortir de cet enfer dans lequel elle s'enfonce ...

L'ellipse - et l'éclipse de Jack - de quelques mois entre les deux parties lui fait retrouver une Tristessa encore plus mal en point. Il ne l'a pas sauvé, ne l'a pas épousé et maintenant c'est trop tard. Tout est trop tard. Il ne peut que l'accompagner sur le chemin qu'elle n'a peut-être pas tout à fait choisi, jusqu'à ...
Mais non, il vaut mieux faire comme Jack. Si on s'arrête là, Tristessa ne meurt pas, elle reste cette belle fille métisse qu'il aime et pas le sac d'os qu'elle est presque déjà devenu ...

Un ange a dû passé, probablement un vagabond, et l'envie m'a pris de relire Kerouac, de suivre à nouveau au pas de charge sa prose enflammée, ses humeurs, ses associations d'idées souvent démentes comme ... un solo de sax ? Now's the time tiens.


Tristessa ( Jack Kerouac ) ( 1960 ) Editions Folio

vendredi 8 novembre 2019

Odetta - Joe Henry and Friends / I'm on my way - Rhiannon Giddens

Une vidéo pour "fêter" la sortie le 15 Novembre du nouvel album de Joe Henry, The gospel according to water.
La chanson Odetta de son album Reverie enregistrée à l'émission japonaise On the shelf avec Lisa Hannigan, John Smith et Ross Turner. 
J'ai essayé de traduire les paroles mais j'ai abandonné, il y a trop de choses qui m'échappent. Joe Henry a dit que sa chanson ne parlait pas de la chanteuse de folk et de blues mais avec un tel prénom, difficile de ne pas y penser.




En bonus, un extrait du nouvel album de Rhiannon Giddens avec Francesco Turrisi et produit par Mister Joe que je viens de découvrir. I'm on my way qu'ils ont composé ensemble.








lundi 4 novembre 2019

Henry et June, Les cahiers secrets - Anaïs Nin



Les cahiers secrets se présentent comme la partie du Journal d'Anaïs Nin qui a trait à sa relation avec le couple Miller, Henry et June, durant l'année 1932.
En Décembre 1931, "J'ai rencontré Henry Miller", cette simple phrase détachée du reste du texte montre qu'Anaïs Nin sait par avance qu'il s'agit d'une rencontre importante. Mais avant Henry et on le dit peu, elle va d'abord tomber amoureuse de June, sa femme.
June repartie tout de suite aux États-Unis, le rapprochement avec Henry devient évident. Un rapprochement de deux écrivains tout d'abord puis très vite celui de deux êtres passionnés. Henry Miller, cet homme vigoureux, impulsif, "toujours vif et joyeux" selon sa devise change Anaïs de la timidité et de l'impuissance de son mari Hugo.

Il s'agit d'une version hybride du Journal. Ni la version intégrale, ni la version expurgée parue en premier lieu mais plutôt une compilation Miller.
A la lecture d'un journal intime, la vérité d'un jour ne sera pas celle du lendemain et ici, comme il n'y a aucune mention des jours mais uniquement celle des mois, c'est la vérité d'un paragraphe qui ne sera pas celle du suivant.

Il faut dire qu'Anaïs se pose beaucoup de questions parce qu'elle doit jongler entre quatre hommes cette année-là : son mari Hugo bien sûr, Miller donc, mais aussi son cousin Eduardo et son psychiatre René Allendy, qui tous sont amoureux d'elle et qui tous vont l'aimer physiquement.
Sans parler de l'absente June, dont le retour surprise à Paris en Octobre 1932 trouble au plus haut point Anaïs et Henry.
Mais la fin du livre n'est bien entendu pas la fin du Journal ni même celle de sa relation avec les Miller, qui se poursuivra pendant une bonne partie des années 30.
"Ainsi, Henry vient cet après-midi et demain je sors avec June."

lundi 14 octobre 2019

L'herbe des nuits - Patrick Modiano



C'est le sixième livre de Patrick Modiano que je lis. Si je mets de côté La Place de l'Etoile, lu il y a quelques années et qui me semble à part dans son oeuvre, j'ai lu il y a longtemps Chien de printemps, Remise de peine et Un pedigree et je ne m'en souviens plus du tout. Je crois d'ailleurs les avoir oubliés peu de temps après les avoir lus, ne me restant que l'impression du désormais célèbre "flou modianesque". Et puis il y a quelques mois, je suis tombé sur Dora Bruder et cette enquête acharnée pour retracer le parcours d'une jeune juive avant son départ pour les camps m'a marquée durablement.

L'herbe des nuits est également une enquête - les livres de Modiano ne le sont-ils pas presque tous ? des enquêtes dans l'immobilité de la tête du narrateur et de ses souvenirs et l'espace réduit des rues de sa jeunesse.
Jean est écrivain ( il a de nombreux points communs avec l'auteur ) et grâce aux notes d'un carnet et un rapport de police légué par un inspecteur, il stimule sa mémoire pour se rappeler une époque et une fille, Dannie, qu'il a fréquenté. Une fille mystérieuse, cette Dannie, semant plusieurs identités, côtoyant elle des personnes peu recommandables.
Jean, et nous avec lui, car Modiano a cette capacité de nous embarquer à la suite de son narrateur en étant aussi perdus qu'il l'est, convoque le Paris de sa jeunesse, un Paris qui subsiste encore grâce à quelques cafés, quelques bâtiments, quelques adresses ...
"Mais aujourd'hui, je comprends mieux : j'avais besoin de points de repère, de noms de stations de métro, de numéros d'immeubles, de pedigrees de chiens, comme si je craignais que d'un instant à l'autre les gens et les choses ne se dérobent ou disparaissent et qu'il fallait au moins garder une preuve de leur existence."
Jean retrouve des souvenirs enfouis, ils reviennent à lui par petites vagues et il en récupère l'écume sur le sable, des scènes, des dialogues, des gestes, des attitudes, afin que d'un flou initial, une image se forme sur l'écran.


L'herbe des nuits ( Patrick Modiano ) ( 2012 ) Éditions Folio.

mardi 1 octobre 2019

Little Bird - Craig Johnson



Little Bird est le premier roman de Craig Johnson, la première enquête du shérif Walt Longmire.

J'ai connu ce shérif dans son adaptation en série dont j'ai vu des épisodes des deux premières saisons. Et même si ce n'est pas la meilleure série du monde, elle est très plaisante. Son décor, ses acteurs principaux y étant pour beaucoup.

Si je savais, grâce à la série, que Longmire était sensible - et encore pas à quel point - je n'avais pas saisi comme c'était un cow-boy spirituel.
En suivant ses pas, on découvre le comté fictif d'Absaroka dans le Wyoming, situé sur les contreforts des Big Horn Mountains. On y découvre aussi ses "acolytes" : ses adjoints, le gentil Ferg, Turk le bien-nommé car c'est sa tête de turc et Vic, celle qu'il verrait bien lui succéder ; sa secrétaire Ruby ; son prédécesseur Lucian ; et surtout Henry Standing Bear, son grand ami et tenancier indien du bar le Red Pony.

Un cadavre a été découvert par des éleveurs de moutons au fond d'un ravin et comme le mort est Cody Pritchard, qu'il a fait partie de ceux qui ont violés il y a quelques années Melissa Little Bird, une jeune indienne déficiente mentale, cette affaire replongera notre shérif dans un passé récent au goût amer : les violeurs ont été condamnés, au vu des faits, à des peines bien légères.
Alors, qui a décidé de venger Melissa ? Longmire, parce que très impliqué émotionnellement, aurait peut-être préféré ne jamais le découvrir.
La fin m'a bouleversé. Mais c'est peut-être parce que si j'étais un cow-boy, j'en serais un sensible.


Little Bird ( Craig Johnson ) ( 2005 ) Éditions Points.

samedi 28 septembre 2019

Compilation Septembre / Numéro 1

1) Wild is the wind ( Cat Power )
2) Show biz kids ( Rickie Lee Jones )
3) The wicked messenger ( Patti Smith )
4) Tango till they're sore ( Holly Cole )
5) My name is Carnival ( Youn Sun Nah )
6) Song to the siren ( This Mortal Coil )
7) Working class hero ( Marianne Faithfull )
8) Stephanie says ( Lady and Bird )
9) Blue velvet ( Lana Del Rey )
10) Let the mystery be ( Live ) ( 10 000 Maniacs / David Byrne )




Cat Power - The covers record ( 2000 )



Original : ( Dimitri Tiomkin - Ned Washington )
Nina Simone - Wild is the wind ( 1966 )


mercredi 25 septembre 2019

Compilation Septembre / Numéro 2

1)
2) Show biz kids ( Rickie Lee Jones )
3) The wicked messenger ( Patti Smith )
4) Tango till they're sore ( Holly Cole )
5) My name is Carnival ( Youn Sun Nah )
6) Song to the siren ( This Mortal Coil )
7) Working  class hero ( Marianne Faithfull )
8) Stephanie says ( Lady and Bird )
9) Blue velvet ( Lana Del Rey )
10) Let the mystery be ( Live ) ( 10 000 Maniacs / David Byrne )




Rickie Lee Jones - It's like this ( 2000 )



Original : ( Donald Fagen - Walter Becker )
Steely Dan - Countdown to ecstasy ( 1973 )


dimanche 22 septembre 2019

Compilation Septembre / Numéro 3

1)
2)
3) The wicked messenger ( Patti Smith )
4) Tango till they're sore ( Holly Cole )
5) My name is Carnival ( Youn Sun Nah )
6) Song to the siren ( This Mortal Coil )
7) Working class hero ( Marianne Faithfull )
8) Stephanie says ( Lady and Bird )
9) Blue velvet ( Lana Del Rey )
10) Let the mystery be ( Live ) ( 10 000 Maniacs / David Byrne )




Patti Smith - Gone again ( 1996 )



Original : ( Bob Dylan )
Bob Dylan - John Wesley Harding ( 1968 )


jeudi 19 septembre 2019

Compilation Septembre / Numéro 4

1)
2)
3)
4) Tango till they're sore ( Holly Cole )
5) My name is Carnival ( Youn Sun Nah )
6) Song to the siren ( This Mortal Coil )
7) Working class hero ( Marianne Faithfull )
8) Stephanie says ( Lady and Bird )
9) Blue velvet ( Lana Del Rey )
10) Let the mystery be ( Live ) ( 10 000 Maniacs / David Byrne )




Holly Cole - Temptation ( 1995 )



Original : ( Tom Waits )
Tom Waits - Rain dogs ( 1985 )


lundi 16 septembre 2019

Compilation Septembre / Numéro 5

1)
2)
3)
4)
5) My name is Carnival ( Youn Sun Nah )
6) Song to the siren ( This Mortal Coil )
7) Working class hero ( Marianne Faithfull )
8) Stephanie says ( Lady and Bird )
9) Blue velvet ( Lana Del Rey )
10) Let the mystery be ( Live ) ( 10 000 Maniacs / David Byrne )




Youn Sun Nah - Same girl ( 2011 )



Original : ( Jackson C. Frank )
Jackson C. Frank - Blues run the game ( 1965 ) ( 1996 )


samedi 14 septembre 2019

Le nazi et le barbier - Edgar Hilsenrath



Le narrateur de ce livre est Itzig Finkelstein. Mais cet Itzig Finkelstein n'est pas le vrai Itzig Finkelstein. Le vrai est mort. Celui qui nous parle est Max Schulz, le génocidaire qui a abattu le vrai Itzig Finkelstein et ses parents en camp de concentration.

Les jeunes Max et Itzig étaient amis avant 1933, habitant la même rue à Wieshalle en Allemagne, travaillant dans le même salon de coiffure, celui de Chaïm Finkelstein, le père d'Itzig. L'un juif, l'autre non mais ressemblant à un juif. Et puis, l'arrivée d'Hitler au pouvoir change tout. Et les amis d'hier ...

Ce n'est que le début du parcours de Schulz. Il y aura la Pologne après le camp de concentration, un retour en Allemagne et finalement la "terre promise".

Si je ne disais que ça, je ne dirais rien. Vous ne sauriez pas le grotesque, l'absurde, l'humour très noir qui font clairement la force de ce livre.

Edgar Hilsenrath était allemand, juif et c'est chez l'éditeur américain qui avait publié son premier roman censuré en Allemagne, Nuit, qu'il fait paraître en 1971 Le nazi et le barbier ... en allemand. Dans son propre pays, il sortira en 1977 et subira les foudres de la critique selon laquelle on ne peut pas parler des Juifs comme cela, avec ironie et férocité.


Le nazi et le barbier - Edgar Hilsenrath ( 1971 ) Éditions Attila.

vendredi 13 septembre 2019

Compilation Septembre / Numéro 6

1)
2)
3)
4)
5)
6) Song to the siren ( This Mortal Coil )
7) Working class hero ( Marianne Faithfull )
8) Stephanie says ( Lady and Bird )
9) Blue velvet ( Lana Del Rey )
10) Let the mystery be ( Live ) ( 10 000 Maniacs / David Byrne )




This Mortal Coil - It'll end in tears ( 1984 )
Voix : Elizabeth Fraser



Original : ( Larry Beckett / Tim Buckley )
Tim Buckley - Starsailor ( 1970 )


mardi 10 septembre 2019

Compilation Septembre / Numéro 7

1)
2)
3)
4)
5)
6)
7) Working class hero ( Marianne Faithfull )
8) Stephanie says ( Lady and Bird )
9) Blue velvet ( Lana Del Rey )
10) Let the mystery be ( Live ) ( 10 000 Maniacs / David Byrne )




Marianne Faithfull - Broken english ( 1979 )



Original : ( John Lennon )
John Lennon - John Lennon / Plastic Ono Band ( 1970 )