vendredi 24 décembre 2021

Santa Claus is comin' to town

Est-ce que vous croyez au Père Noël ?

Joyeux Noël du E-Street Band !



Santa Claus is comin' to town - Bruce Springsteen and The E-Street Band - 2007

lundi 20 décembre 2021

Poésie 7/7

Charles Bukowski - Nirvana 

pas très chanceux, 
libéré totalement du moindre
but,
un jeune homme 
traversait en bus
la Caroline du Nord 
en route pour 
quelque part 
et il a commencé à neiger 
et le bus s'est arrêté 
dans un petit café 
dans les collines 
et les passagers 
sont entrés. 

il s'est assis au comptoir 
avec les autres 
il a commandé et la
nourriture est arrivée. 

le repas était 
particulièrement 
bon
et aussi le 
café.

la serveuse était 
différente des femmes 
qu'il avait 
connues.

elle était sans affectation,
une humeur
naturelle se dégageait 
d'elle. 

le cuisinier disait 
des trucs dingues
le plongeur 
au fond,
riait, d'un bon
rire
sain
agréable. 

le jeune homme regardait 
la neige à travers la
vitre.

il voulait rester
dans ce café 
pour toujours. 

le curieux sentiment 
le traversait 
que tout 
était 
beau 
là, 
que toujours 
ça resterait beau
là. 

puis le chauffeur de bus
a lancé aux passagers 
qu'il était temps
de remonter à bord.

le jeune homme 
s'est dit, je vais juste rester assis
ici, je vais juste rester
ici.

mais alors
il s'est levé et a suivi
les autres dans le 
bus.

il a retrouvé son siège 
et a regardé le café 
à travers la vitre 
du bus.

puis le bus a démarré 
pris le tournant, 
en descente, quittant 
les collines. 

le jeune homme 
regardait droit
devant.

il entendait les autres
passagers 
parler
d'autres choses,
ou bien ils 
lisaient 
ou tentaient de 
dormir.

ils n'avaient pas 
remarqué 
la
magie.

le jeune homme 
mit sa tête de
côté, 
ferma les 
yeux,
fit semblant de 
dormir. 

il n'y avait rien
d'autre à faire -

sauf écouter le
bruit du 
moteur,
le bruit des
pneus
sur la
neige.


Tom Waits lisant Nirvana
Musique : Tom Waits. 






mardi 16 novembre 2021

Stone junction - Jim Dodge

 



Comme Thomas Pynchon le dit dans sa préface, Stone junction est "une fête ininterrompue en l'honneur de tout ce qui compte." Une fête oui, et longue, mais à laquelle je ne me suis pas ennuyé la moindre seconde. 
Jusqu'à la fin de la première partie, annonciatrice de la mort de celle-ci, nous suivons Daniel gamin puis adolescent avec sa mère. Et c'est un petit bonheur de relation, Annalee Pearce traitant son fils non comme un enfant mais comme un être doué d'intelligence, qu'il possède, et il est malin, et il est intuitif pour son jeune âge. Mais à frayer avec certaines personnes, même bien intentionnées, même par amour, on provoque le danger et le danger répond souvent aux provocations. 
Dès le début de la deuxième partie, si elle n'avait pas déjà commencée, s'il n'était pas conditionné pour elle dès sa naissance, Daniel entame la quête du Diamant que veut récupérer Volta. Volta, c'est le grand manitou de l'AMO, acronyme d'Alliance de Magiciens et d'Outlaws dont quelques sympathiques membres et sympathisants vont faire l'éducation de Daniel dans des arts divers et variés. Wild Bill, Bad Bobby Sloane, Jean Bluer, etc et pour finir le grand Volta lui-même lui enseigneront le poker, la drogue, le déguisement, l'ouverture des coffres-forts, la magie ... comment devenir invisible ...
Le Diamant est avant tout le Graal de Volta, l'obsession première de Daniel c'est de connaître la vérité sur la mort de sa mère mais c'est lui, Daniel qui devra mener ces deux quêtes de front et elles le mèneront elles à un seuil, car qu'est-ce que ce fameux Diamant gros comme une boule de bowling, si ce n'est ce que beaucoup cherchent eux aussi ...
Daniel et les principaux personnages de ce roman culte, son mentor Volta et ses précepteurs hauts en couleurs successifs sont attachants et le suspense est maintenu jusqu'aux dernières pages. Voilà une aventure hors du commun : un vrai plaisir de lecture, une belle découverte. 


Stone junction ( Jim Dodge ) ( 1990 ) Editions Le Cherche Midi, Collection Lot 49.



dimanche 24 octobre 2021

Poésie 6/7

Sylvia Plath - Edge

The woman is perfected.
Her dead 

Body wears the smile of accomplishment,
The illusion of a Greek necessity 

Flows in the scrolls of her toga, 
Her bare 

Feet seem to be saying :
We have come so far, it is over. 

Each dead child coiled, a white serpent,
One at each little

Pitcher of milk, now empty.
She has folded 

Them back into her body as petals 
Of a rose close when the garden

Stiffens and odors bleed 
From the sweet, deep throats of the night flower. 

The moon has nothing to be sad about,
Staring from her hood of bone.

She is used to this sort of thing.
Her blacks crackle and drag. 


Le bord

La femme s'est accomplie.
Son corps mort

Porte le sourire de l'accomplissement, 
L'illusion d'une obligation grecque

Coule dans les rouleaux de sa toge,
Ses pieds 

Nus semblent vouloir dire :
Nous sommes arrivés si loin, tout est fini.

Chaque enfant mort est enroulé, un serpent blanc, 
Près de chacun une petite

Cruche de lait, maintenant vide.
Elle les a replié 

Contre son corps comme des pétales 
D'une rose refermée quand le jardin 

Se fige et que les parfums saignent 
Des douces, profondes, gorges de la fleur de la nuit.

La lune n'a pas à s'en désoler,
Fixant le tout de sa cagoule d'os. 

Elle a tant l'habitude de cela.
Sa noirceur crépite et se traîne. 




mardi 28 septembre 2021

Poésie 5/7

William Blake - The angel 

I Dreamt a Dream ! what can it mean ?
And that I was a maiden Queen,
Guarded by an Angel mild :
Witless woe was ne'er beguil'd !

And I wept both night and day, 
And he wip'd my tears away,
And I wept both day and night, 
And hid from him my heart's delight.

So he took his wings and fled ;
Then the morn blush'd rosy red ;
I dried my tears, & arm'd my fears 
With ten thousand shields and spears.

Soon my Angel came again :
I was arm'd, he came in vain ;
For the time of youth was fled,
And grey hairs were on my head.


L'ange

J'ai rêvé un Rêve ! Quel en est le sens ?
J'étais une jeune Reine
Gardée par un doux Ange :
Douleur naïve jamais ne fut abusée !

Et j'ai pleuré tout le jour, toute la nuit,
Et il essuyait mes larmes,
Et j'ai pleuré tout le jour, toute la nuit,
Et je lui cachais le délice de mon âme. 

Puis il déploya ses ailes, prit son envol ;
Et le matin rougit rose ;
J'ai séché mes larmes, j'ai armé mes peurs 
De dix mille lances et boucliers. 

Bientôt mon Ange revint :
J'étais armée, il était venu en vain ;
Déjà ma jeunesse avait fui,
Déjà ma chevelure était grise.





Songs of experience - William Blake ( 1794 )

Album : Mothers and tygers ( Emily Loizeau ) ( 2012 ) 



dimanche 19 septembre 2021

Poésie 4/7

Charles Baudelaire - L'examen de minuit

La pendule, sonnant minuit,
Ironiquement nous engage
A nous rappeler quel usage
Nous fîmes du jour qui s'enfuit :
- Aujourd'hui, date fatidique, 
Vendredi, treize, nous avons,
Malgré tout ce que nous savons, 
Mené le train d'un hérétique. 

Nous avons blasphémé Jésus, 
Des Dieux le plus incontestable !
Comme un parasite à la table
De quelque monstrueux Crésus,
Nous avons, pour plaire à la brute,
Digne vassale des Démons, 
Insulté ce que nous aimons 
Et flatté ce qui nous rebute ;

Contristé, servile bourreau, 
Le faible qu'à tort on méprise ;
Salué l'énorme Bêtise,
La Bêtise au front de taureau ;
Baisé la stupide Matière 
Avec grande dévotion, 
Et de la putréfaction 
Béni la blafarde lumière. 

Enfin, nous avons, pour noyer
Le vertige dans le délire, 
Nous, prêtre orgueilleux de la Lyre,
Dont la gloire est de déployer 
L'ivresse des choses funèbres, 
Bu sans soif et mangé sans faim !...
- Vite soufflons la lampe, afin
De nous cacher dans les ténèbres !





( Charles Baudelaire / Léo Ferré ) 

Charles et Léo - Jean-Louis Murat ( 2007 )



dimanche 12 septembre 2021

Compilation Été 2021 / Numéro 1

1) Brandt rhapsodie ( Benjamin Biolay / Jeanne Cherhal ) 

2) Les jours heureux ( Keren Ann ) 

3) Éolienne ( Gaëtan Roussel ) 

4) L'autre bout du monde ( Emily Loizeau ) 

5) Rivière ( Stephan Eicher ) 

6) Rose hybride de thé ( Émilie Simon ) 

7) La mémoire et la mer ( Léo Ferré ) 

8) Affaire Rimbaud ( Hubert-Félix Thiéfaine ) 

9) Mes bras ( Alain Bashung ) 




( Benjamin Biolay - Jeanne Cherhal / Benjamin Biolay ) 

Album : La superbe ( Benjamin Biolay ) ( 2009 ) 



vendredi 10 septembre 2021

Compilation Été 2021 / Numéro 2

1)

2) Les jours heureux ( Keren Ann ) 

3) Éolienne ( Gaëtan Roussel ) 

4) L'autre bout du monde ( Emily Loizeau ) 

5) Rivière ( Stephan Eicher ) 

6) Rose hybride de thé ( Emilie Simon )

7) La mémoire et la mer ( Léo Ferré ) 

8) Affaire Rimbaud ( Hubert-Félix Thiéfaine ) 

9) Mes bras ( Alain Bashung ) 




( Keren Ann Zeidel & Dorian ) 

Album : Bleue ( 2019 ) 




lundi 23 août 2021

Compilation Été 2021 / Numéro 3

1) 

2)

3) Éolienne ( Gaëtan Roussel ) 

4) L'autre bout du monde ( Emily Loizeau ) 

5) Rivière ( Stephan Eicher ) 

6) Rose hybride de thé ( Emilie Simon ) 

7) La mémoire et la mer ( Léo Ferré ) 

8) Affaire Rimbaud ( Hubert-Félix Thiéfaine ) 

9) Mes bras ( Alain Bashung ) 




( Gaëtan Roussel - Pierre-Dominique Burgaud / Gaëtan Roussel ) 

Album : Orpailleur ( 2013 ) 



mercredi 11 août 2021

Compilation Été 2021 / Numéro 4

1)

2)

3)

4) L'autre bout du monde ( Emily Loizeau ) 

5) Rivière ( Stephan Eicher ) 

6) Rose hybride de thé ( Emilie Simon ) 

7) La mémoire et la mer ( Léo Ferré ) 

8) Affaire Rimbaud ( Hubert-Félix Thiéfaine ) 

9) Mes bras ( Alain Bashung )







( Emily Loizeau ) 

Album : L'autre bout du monde ( 2006 ) 



dimanche 8 août 2021

Poésie 3/7

Robert Desnos - Jamais d'autre que toi


Jamais d'autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes 
En dépit des mutilations d'arbre à la tombée de la nuit
Jamais d'autre que toi ne poursuivra son chemin qui est le mien
Plus tu t'éloignes et plus ton ombre s'agrandit 
Jamais d'autre que toi ne saluera la mer à l'aube
quand fatigué d'errer moi sorti des forêts ténébreuses 
et des buissons d'orties je marcherai vers l'écume 
Jamais d'autre que toi ne posera sa main sur mon front et mes yeux
Jamais d'autre que toi et je nie le mensonge et l'infidélité 
Ce navire à l'ancre tu peux couper sa corde
Jamais d'autre que toi 
L'aigle prisonnier dans une cage ronge lentement les barreaux de cuivre vert-de-grisés
Quelle évasion !
C'est le dimanche marqué par le chant des rossignols dans les bois d'un vert tendre
l'ennui des petites filles en présence d'une cage où s'agite un serin
tandis que dans la rue solitaire
le soleil lentement déplace sa ligne mince sur le trottoir chaud
Nous passerons d'autres lignes
Jamais, jamais d'autre que toi 
Et moi seul seul seul comme le lierre fané des jardins de banlieue
seul comme le verre
Et toi, jamais d'autre que toi 







Santa Claus is comin' to town

Est-ce que vous croyez au Père Noël ? Joyeux Noël du E-Street Band ! Santa Claus is comin' to town - Bruce Springsteen and The E-Street ...