dimanche 26 novembre 2017

"Atini alnay wa ghanny" - Lhasa

Le troisième post de ce blog proposait "On rit encore", un duo avec Arthur H. C'est une chanson originale de Lhasa que l'on ne peut trouver que sur le disque en public d'Arthur H, Show time.

Ici, une deuxième vidéo avec la reprise de Fairuz, Atini alnay wa ghanny ( Donne-moi la flûte et chante ). Au début de la vidéo, Lhasa parle du Liban. Son grand-père était originaire de ce pays, elle évoque le parcours de celui-ci dans sa chanson "J'arrive à la ville".


Atini alnay wa ghanny ( Donne-moi la flûte et chante ) est un poème de Khalil Gibran dont voici une traduction en français.

Donne-moi la flûte et chante
Car le chant est le secret de la vie éternelle
Et le gémissement de la flûte restera
Après la disparition de l'univers

As-tu, comme moi, pris la forêt
Pour demeure au lieu des palais ?
Et as-tu suivi le cours des ruisseaux
Et escaladé les rochers ?

T'es-tu baigné de parfum
Et séché de lumière ?
Et as-tu bu l'aube en tant que vin
Dans des coupes faites d'éther ?

Donne-moi la flûte et chante
Car le chant est le secret de la vie éternelle
Et le gémissement de la flûte restera
Après la disparition de l'univers

T'es-tu, comme moi, assis l'après-midi
Entre les plants de vignes
Et les grappes qui pendent
Comme des lustres dorés ?

As-tu, la nuit, pris l'herbe comme couche
Et le ciel pour couverture
Renonçant à ce qui adviendra
Oubliant ce qui est passé ?

Donne-moi la flûte et chante
Car le chant est intégrité pour les cœurs
Et le gémissement de la flûte restera
Après la disparition de l'univers

Donne-moi la flûte et chante
Et oublie maux et remèdes
Car les hommes ne sont que des lignes
Écrites mais avec de l'eau

( Traduction : Mahmoud B. ( Lyricstranslate.com ))

Lhasa


Découverte 
Je ne sais plus. C'était pourtant il n'y a pas si longtemps que ça. Etait-ce au moment de sa mort ou bien alors juste avant ? Finalement, maintenant, qu'est-ce que cela change ? La perte est immense. Le trésor aussi ...

Les faits bruts
Lhasa ( de son nom complet Lhasa De Sela ) est née le 27 Septembre 1972 à Big Indian, New York et est décédée le 1er Janvier 2010 à Montréal.
Née dans une famille nombreuse et nomade aux Etats-Unis, à sa majorité elle s'installe au Canada, se posera deux à trois ans à Marseille, pour finalement revenir à Montréal.

Elle a publié dans sa carrière trois albums. La Llorona en 1997, composé de traditionnels et d'originaux écrits avec Yves Desrosiers. The living road ( 2003 ) lui est trilingue ( français, espagnol, anglais ), l'anglais seule langue de son ultime disque, Lhasa ( 2009 ). 35 chansons ...

Les albums 
La Llorona nous entraîne du côté du Mexique, mais au-delà dans un pays imaginaire où nous n'aurons que ces légendes chantées par Lhasa pour en délimiter les frontières. Dans The living road, c'est la route qu'elle chante et fait chanter, laissant sur le bas-côté 12 pierres pour ceux qui la suivent. Sur Lhasa ( 2009 ), le voyage est là, toujours, mais plus vers l'intérieur cette fois, ce que porte un folk crépusculaire et une voix qui, si elle n'a plus ses jaillissements habituels, se fait plus profonde.

Je milite
Je milite - seul, sans banderole, en silence - pour que soit réunis sur disque les collaborations avec d'autres artistes et les reprises qu'elle a pu semer ici et là tout au long de sa carrière. Pour ce qui est des collaborations, elles sont déjà disponibles sur les albums des artistes respectifs avec qui elle a chanté mais pour certaines déjà difficiles à se procurer.

Info
Prêt de huit ans après sa disparition, un nouveau disque de Lhasa sort : il s'agit d'un album enregistré en public en Islande lors de sa dernière tournée, Live in Reykjavik.


samedi 25 novembre 2017

Enfant et sa mère ( Dorothea Lange )


Enfant et sa mère, Wapato, Yakima Valley, Washington ( 1939 ) Dorothea Lange ( 1895 - 1965 ) Library of congress, Washington.

jeudi 16 novembre 2017

Les îles grecques - Lawrence Durrell


Je soupçonne que la version de la religion grecque que nous apercevons par la lunette du christianisme paulien est plutôt déformée. Mais il est certain que dans un monde où les dieux mettaient si activement leur nez dans la vie des hommes, où l'on pouvait effectivement célébrer un mariage rituel avec une déesse, la vie courante des gens ordinaires devait être différente de la nôtre. Quand on entendait frapper à la porte, on ne savait jamais si ce n'était pas Aphrodite elle-même ayant pris forme humaine. Et souvent c'était elle, mais vous ne vous en rendiez compte en général qu'après son départ. L'âme humaine se déplaçait sans peine entre ciel et terre, et il ne nous est pas vraiment possible de juger le genre de considérations religieuses qui dictaient aux anciens Grecs l'ordre de leurs priorités. Aujourd'hui, les poètes sont les seuls qui n'aient pas perdu la faculté de deviner Aphrodite sous le déguisement d'une vieille gardienne de troupeaux ou d'une commère ridée.


Les îles grecques  ( Lawrence Durrell ) ( 1978 ) p. 220 ( Bartillat ) ( Edition originale : Albin Michel ).