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jeudi 12 novembre 2020

The dead don't die - Jim Jarmusch

 


A Centerville et l'annonce les infos, partout dans le monde, il se passe des choses étranges depuis qu'une fracturation polaire aurait modifié l'axe de la rotation terrestre : cela a un impact sur la durée d'ensoleillement, sur les appareils ( montres, téléphones portables, téléviseurs ) qui se détraquent et ... sur les morts qui sortent de leurs tombes.

Dans cette ville, puisque c'est ici que la caméra de Jarmusch s'est posée, les habitants vont devoir faire face à cette invasion des morts-vivants. Ils le feront différemment, avec les armes et le courage qu'ils ont à leur disposition. Nous suivrons trois policiers, une médecin-légiste, un fermier, un trio de vacanciers, un pompiste et son ami retraité, des employées d'un snack-bar, des jeunes d'un internat et un ermite. Peu seront épargnés. 

The dead don't die est donc un film de zombies. C'est la parodie de ce genre par Jim Jarmusch. Je ne changerai rien à ce que j'ai écrit dans mon précédent post : toute son œuvre me va, comme un gant. Même si, en y ajoutant aujourd'hui son dernier film en date, je dois le classer parmi les déceptions. Cette fois, la jaquette du DVD dit : "Un casting à réveiller les morts". Ce n'est pas mensonger : les morts se réveillent en effet et le casting est fourni. Ce casting me fait d'ailleurs l'effet d'un grand banquet pour remercier certains acteurs qui suivent Jarmush, pour certains depuis longtemps. On revoit ainsi Ezther Balint ( Stranger than paradise ), Tom Waits ( Down by law ), Steve Buscemi ( Mystery train ).

C'est peut-être de là que vient le problème. La volonté de Jarmusch de rendre hommage aux films de genre alors que son cinéma ne s'y prête sans doute pas et celle aussi de donner à tous prix à ses acteurs connus un rôle, si maigre soit-il. 


The dead don't die ( Jim Jarmusch ) ( 2019 ) 

vendredi 23 octobre 2020

Paterson - Jim Jarmusch

Notre Palme d'or, dit Télérama sur la jaquette du Dvd. Si les films de Jarmusch ont souvent été récompensés, aucun n'a jamais eu la Palme. Je ne sais pas si celui-ci aurait dû l'avoir, la méritait plus que le film primé ; pour moi, c'est toute l'œuvre de Jarmusch qui est une de mes Palmes d'or. 

J'aime par exemple l'œil qu'il pose sur le monde, son humour subtil, son éloge de la lenteur cinématographique. J'aime par exemple ses bandes originales ( Neil Young, John Lurie, Tom Waits, etc ), la galerie de musiciens qui peuple ses films, le cosmopolitisme de ses acteurs ...

Bien sûr, je suis parfois resté sur ma faim, c'est le cas avec The limits of control ou Coffee and cigarettes ( version long métrage ). Il faut dire que souvent il ne se passe pas grand-chose dans les films de Jarmusch, mais je préfère ses pas grand-chose aux trop de choses de beaucoup d'autres. 


Paterson habite à Paterson. Il y est conducteur de bus. Il y mène une vie réglée comme du papier à musique. Il se lève le matin à 6 heures 15, laissant sa compagne Laura dormir encore, déjeune et se rend à son travail. A la fin de son service, il rentre chez lui, remet droite quotidiennement la boite aux lettres qui penche, écoute le récit de la journée de Laura ( elle a fait des cupcakes, elle a repeint quelque chose dans la maison en noir et blanc, ses couleurs fétiches : un rideau, une de ses robes ... ). Apres dîner, il sort leur chien Marvin et s'arrête au bar de Doc où il écoute les petites histoires des habitués comme il l'a fait dans la journée pour ceux de son bus.

Mais dans sa vie, il y a autre chose. Une grande chose. Une deuxième grande chose après son amour pour Laura : la poésie. La poésie qu'il écrit, remplissant son cahier secret. Car elle est partout. Il suffit de savoir regarder. Le poème - c'est comme les chansons pour Keith Richards : elles sont dans l'air, on les attrape ou non - peut venir n'importe quand et de n'importe où. Il peut partir d'une petite boîte d'allumettes et grossir en un beau poème d'amour. C'est comme ça qu'a dû venir "Juste pour te dire" à William Carlos Williams, poème lu dans le film, Williams, natif de la ville de Paterson et qui donna ce nom à sa grande œuvre.


Paterson ( Jim Jarmusch ) ( 2016 )

mardi 5 mars 2019

Stranger than paradise / I put a spell on you

Willie : Pas ça !
Eva : C'est "Screamin' Jay".
Willie : C'est nul !
Eva : Tu dis des bêtises. C'est mon idole.
Eddie : Moi, j'aime bien.
Willie : Tu aimes ce truc ?
Eva : Merci, Eddie. Serrons les coudes.
Willie : C'est débile.
Eddie : C'est de la musique d'autoroute. C'est chouette.
Eva : Ça faisait longtemps que je ne l'avais pas entendu.




Stranger than paradise, un film de Jim Jarmusch ( 1984 )
I put a spell on you ( Screamin' Jay Hawkins ) ( 1956 )

Album de la semaine #52

Rain dogs - Tom Waits - 1985 Extrait : Downtown train Voilà, c'est le dernier post de ce blog. Merci à tous les visiteurs, merci pour to...