Cet enregistrement a eu lieu le 20 Février 1968 au Studio des Buttes-Chaumont pour l'émission Bouton Rouge que les français ont pu voir quatre jours plus tard le 24 Février à 18 h 15. Le 20 Février, soit un mois jour pour jour après le probable dernier concert de Syd Barrett avec le groupe.
Set the controls for the heart of the sun est un des quatre morceaux interprétés et diffusés à cette occasion, les autres étant Astronomy domine, Flaming et Let there be more light.
L'émission Bouton Rouge était présentée par Pierre Lattès.
J'avais dans ma classe le frère cadet du Suédois, Jerry Levov, un gamin malingre, taillé comme un bâton de réglisse, avec une petite tête, souple comme un chat, surdoué en mathématiques - il quitta le lycée en 1950. Sans être jamais vraiment l'ami de personne, à sa manière irascible et impérieuse, Jerry finit par s'intéresser à moi et c'est ainsi qu'à dix ans, je me faisais battre régulièrement au ping-pong dans le sous-sol aménagé des Levov, à l'angle de Wyndmoor Street et de Keer Avenue - le terme "aménagé" indiquant qu'il était lambrissé de pin noueux, et non pas destiné à ménager les petits camarades de Jerry, ce qu'il ne semblait guère disposé à faire.
L'agressivité explosive que Jerry manifestait à une table de ping-pong dépassait de loin celle de son frère à n'importe quel sport. Une chance pour moi : la balle de ping-pong, par sa forme et son poids, est génialement conçue pour ne pas vous emporter un œil. Sinon, je ne serais jamais allé jouer dans le sous-sol des Levov. Si cela n'avait pas été pour me vanter d'avoir mes entrées chez le Suédois, rien n'aurait pu me faire descendre là-bas avec pour seule protection une petite raquette en bois de rien du tout. Un objet aussi léger qu'une balle de ping-pong ne saurait se transformer en arme fatale, pourtant, la façon dont Jerry la catapultait laissait transparaître une soif de meurtre. Il ne me vint jamais à l'esprit que cette démonstration de violence n'était peut-être pas sans rapport avec le statut de petit frère du Suédois. Moi qui ne pouvais m'imaginer sort plus enviable - sauf à être le Suédois lui-même -, comment aurais-je deviné que pour Jerry il était difficile d'en imaginer de pire ?
Peu de temps avant la guerre franco-allemande mourut à Dillenburg, petite ville de l'ancien duché de Nassau, un gentilhomme, propriétaire foncier, du nom d'Edouard de Jochberg. C'était un étrange vieillard qui éprouvait pour toute espèce de conversation une aversion presque pathologique. Il passait la plus grande partie de l'année sur ses terres. Ce ne fut qu'à la fin de sa vie que les progrès de la maladie l'obligèrent à transporter de façon définitive sa résidence dans la petite ville.
Aucune des rares personnes qui étaient admises près de lui, ses chiens de chasse et ses chevaux représentant ses compagnons habituels, ne savait que M. de Jochberg était un vieux soldat qui, aux temps de sa jeunesse, avait vécu une partie des campagnes de Napoléon 1er. Personne ne l'avait jamais entendu faire le moindre récit ou la moindre allusion, en ce qui concernait cette partie de son existence. On conçoit que la surprise de tous ceux qui l'avaient connu fut très grande, lorsqu'à sa mort, on découvrit près de son testament, soigneusement classés, ficelés et scellés, une liasse de papiers dans lesquels un premier examen fit bien vite reconnaître les mémoires du lieutenant de Jochberg pendant la campagne d'Espagne.
Les révélations sensationnelles de ces documents éveillèrent dans toute la province de Nassau et dans le grand-duché de Hesse limitrophe un intérêt extraordinaire. Les journaux locaux insérèrent des comptes rendus et des extraits des Mémoires de M. de Jochberg ; des savants réputés examinèrent les papiers ; les héritiers du défunt, son neveu Guillaume de Jochberg, professeur agrégé à Bonn, et une vieille personne, Mlle d'Hartung, d'Aix-la-Chapelle, furent l'objet, de la part des éditeurs, des sollicitations les plus pressantes. Bref, on ne parla plus que de ces Mémoires, et la guerre qui éclata bientôt après ne réussit pas à faire rentrer complètement dans l'ombre cet événement.
Ces Mémoires jetaient, en effet, une vive clarté sur un chapitre encore très obscur de l'histoire nationale : à savoir, la destruction totale par des guérillas espagnoles des deux régiments de Nassau et du Prince héritier de Hesse.
Le marquis de Bolibar ( Leo Perutz ) ( 1920 ) pp 11-12 ( Albin Michel )
C'est il y a peu que je suis tombé sur cette chanson inédite de Lhasa dans sa version originale. Difficile pour moi de ne pas la mettre sur ce blog, d'autant plus qu'elle est l'occasion de parler aussi d'un beau projet.
Island song ( Lhasa De Sela / Joe Grass )
Cette chanson, je l'ai d'abord découverte chantée par Marieke Huysmans-Berthou avec Ronan O Snodaigh et Piers Faccini.
Marieke Huysmans-Berthou a lancé il y a quelques années un très beau projet, épatant, poétique : Pianocéan. Un bateau, le bien nommé Lady Flow avec à son bord un piano, une scène et un studio d'enregistrement pour un voyage autour du monde.
Vous pouvez aller découvrir ce projet sur :
pianocean.wordpress.com
When comes the time of the northern wind
Et un petit extrait à Vannes en 2016 : Erie Canal en Bretagne !
C'est grâce au blog des Caphys - Cafardages2.canalblog.com, "Merci à eux !" - que j'ai découvert cette musicienne faisant des reprises de différents standards.
Le gayageum est un instrument de musique traditionnel coréen comportant douze cordes de soie et une caisse de résonance en bois de paulownia. Ceux de Luna Lee en sont des versions modernes, modifiées, électrifiées.
De nombreuses vidéos. J'ai choisi Pink Floyd et ZZ Top que personnellement je trouve parmi les plus sympas.
La nuit des forains conte les tentatives parallèles d'un homme et de sa maîtresse pour échapper à leur condition.
Le cirque dont Alberti est le propriétaire et le Monsieur Loyal, fait halte dans la ville où il a laissé femme et enfants trois ans plus tôt pour partir sur les routes. Et les affaires d'Alberti vont mal, il est obligé d'aller mendier des costumes au théâtre local. Il y va accompagné de sa maîtresse Anne ...
Dans les premières minutes du film, on assiste au réveil d'Alberti et d'Anne dans leur roulotte qui va lentement au rythme des chevaux. Si ce sont des instants presque doux, ce seront les derniers ...
Peu après son réveil, on raconte à Alberti comment le clown Frost est allé rechercher sa femme qui s'était laissé entraîner à se baigner nue avec des militaires. Il s'agit d'un récit, un petit court métrage quasiment muet, à l'intérieur du récit, très différent du reste de celui-ci.
J'aime beaucoup les films d'Ingmar Bergman et j'ai aimé en revoir un. La nuit des forains ( 1953 ) fait partie selon moi de ses grands films et est peut-être plus facile d'accès que des oeuvres ultérieures, je pense à Persona ou à Cris et chuchotements par exemple, et Harriet Andersson est très belle.
Oh, je sais, j'ai déjà posté une vidéo de Joe Henry et ça il n'y a pas si longtemps. Mon excuse pour en poster une seconde est que dans cet épisode, notre héros n'est pas seul mais en la très belle compagnie de Lisa Hannigan.
Lisa et Joe chantent trois chansons :
Little bird ( Lisa Hannigan )
Piano furnace ( Joe Henry )
Passenger ( Lisa Hannigan )
The Portland sessions est une série d'enregistrements de différents artistes à chaque fois filmés de la même manière et cela dans un lieu unique et sans public.
Je mets également en bonus un extrait de The Wild Reeds, un groupe que je viens de découvrir grâce à cette série. La chanson sappelle Love letter.
Guitares, mandoline, ..., belles voix, banjo pour cette fin d'année.
Un bon réveillon à tous.
A bientôt.
Stuart A. Staples - dans le clip, c'est la "locomotive à moustaches" - est le chanteur et compositeur du groupe anglais Tindersticks. Lhasa chante deux autres duos avec lui, cette fois sur des disques du groupe mais That leaving feeling elle, est parue sur son essai en solo de 2006, Leaving songs.
PS : Stuart A. Staples possède une résidence dans les environs de La Souterraine ( 23 ). Peut-être le croiserai-je un de ces jours dans la rue ou à la caisse d'un supermarché, qui sait ?
John Trudell a eu un parcours singulier - tous les parcours le sont mais le sien a fait qu'il est devenu pour moi comme une sorte de phare ...
Il est d'abord militant de défense des droits des Indiens. Entre 1969 et 1971, il est des presque deux ans d'occupation pacifique de la prison d'Alcatraz, en devenant le porte-parole et encore animant une émission de radio : Radio Free Alcatraz. De 1973 à 1979, il est président de l'AIM ( American Indian Movement ). Durant ces années, le FBI empile des milliers de fiches sur lui.
Trudell quitte l'AIM suite à la mort de sa famille dans l'incendie de sa maison. Il accuse le FBI mais ... qui peut prouver quoi que ce soit contre la police fédérale ?
Commence alors pour lui une vie d'errance ... et de poésie.
Sa rencontre avec Jesse Ed Davis, un grand guitariste d'origine indienne lui aussi, le pousse à mettre ses textes en musique. Après la mort de Davis en 1988, il continuera : sa poésie dite sur un mélange de blues-rock et de chants traditionnels indiens.
J'ai découvert John Trudell avec AKA Grafitti man. J'ai écouté cet album des dizaines et des dizaines de fois. Je lui trouvais une espèce de perfection, peut-être avant tout dans l'équilibre entre morceaux lents et rapides, entre textes revendicatifs ou plus intimes. Je me disais que Bob Dylan avait raison quand il disait que c'était pour lui le meilleur album de 1986. Plus tard, j'ai appris que mon AKA Grafitti man à moi, sorti en 1992, était en fait une compilation faite pour le marché européen qui reprenait simplement le titre de l'album de 1986 que l'oncle Bob passait en première partie de ses concerts, lui donnant comme ça un sacré coup de pouce.
John Trudell, le "guerrier" sioux est mort il y a deux ans et il a eu un parcours singulier - tous les parcours le sont mais le sien a fait qu'il est devenu pour moi comme une sorte de phare, de héros, un visage pour la révolte si je devais lui en donner un.
J'avais le choix entre beaucoup de morceaux aux ambiances différentes : Bombs over Bagdad, son virulent pamphlet contre les USA du premier Bush ( Des vampires boivent du sang dans des cocktails de pétrole ), Crazy Horse, sur la pensée du grand chef indien ( Crazy Horse, nous avons entendu ce que tu as dit : Une terre, une mère ), Tina smiled, sur sa femme disparue ( La dernière fois que je l'ai vue, Tina souriait ).
J'ai finalement opté pour See the woman, cette ode à la femme et à toutes les femmes qui n'est pas sur AKA Grafitti man mais sur Johnny Damas and me, son disque de 1994. Une des raisons de mon choix est que j'ai aimé en traduire le texte.
Observe la femme
Elle a un jeune visage
Un visage vieux
Elle se porte bien
Dans tous les âges
Elle survit à toutes les actions de l'homme
Dans certaines tribus elle est libre
Dans certaines religions
Elle est sous le joug de l'homme
Dans certaines sociétés
Elle vaut ce qu'elle consomme
Dans certaines nations
Elle est force délicate
Dans certains pays
Elle est dite faible
Dans certaines classes
Elle est une propriété
Dans tous les exemples
Elle est soeur de la terre
Dans toutes les situations
Elle est source de vie
Dans toute vie elle est notre nécessité
Observe les yeux de la femme
Des fleurs ondoyantes
Sur les collines éparpillées
Soleil dansant qui appelle les abeilles
Observe le cœur de la femme
Des papillons de lavande
Sur un ciel bleu
Voile de pluie tombant
Sur de douces roses sauvages
Observe la beauté de la femme
Un éclair striant
L'obscurité des nuits d'été
Les forêts de pins s'accouplant
Avec la première neige d'hiver
Observe l'esprit de la femme
Jour après jour servant le courage
Avec le rire
Sa respiration un rêve
Et une prière