Kate Tempest est une poétesse, rappeuse et dramaturge londonienne. Écoute la ville tomber est son premier roman. Il s'agit en fait de la mise en roman de l'histoire racontée dans son premier album Everybody down ( 2014 ). Les titres des chapitres reprennent d'ailleurs à la lettre ceux des plages du disque.
Écoute la ville tomber est selon moi un titre hors de propos, Écoute la ville changer serait beaucoup mieux car cette ville, Londres, ne tombe pas, elle change mais encore bien meilleur que le "mien", l'original The bricks that builds the houses est bien sûr tout à fait adéquat, car c'est ça, ces personnages, ces destins, ce peuple sont les briques qui construisent les maisons, la ville.
Becky, Harry et Leon partent pour une cavale avec une valise pleine d'argent mais ce qui intéresse l'auteure, ce n'est pas ça, ce sont les causes, la généalogie en quelque sorte de cette cavale.
Qui est Becky. Qui est Harry. Quelles sont leurs familles. Leurs backgrounds. Comment elles vont se rencontrer - contrairement au disque, Harry est une fille ici - être irrésistiblement attirées l'une par l'autre, se perdre de vue pour finalement se retrouver sur le même chemin et dans cette même voiture qui s'enfuit dans la nuit.
J'ai quelques réserves : des scènes un peu longues à mon goût et peut-être le fait que tous les personnages principaux soient issus de deux familles, qui si on peut y voir un petit quelque chose de shakespearien, est peu crédible. Mais hormis ça, c'est un très bon livre, très rythmé, avec à chaque page, des phrases qui font mouche, des métaphores pertinentes.
Harry a un frère de cœur, Leon. Elle en a un de sang, Pete, tous les deux ont des parents divorcés et un beau-père, David, qui lui a un fils. Becky a deux oncles et quelque part deux parents qui jouent l'Arlésienne. Ces personnages aiment, vibrent et doutent aussi plus souvent qu'à leur tour et on s'y attache. Je me suis attaché.
Écoute la ville tomber ( Kate Tempest ) ( 2016 ) Éditions Rivage Poche.
Ça commence comme une nouvelle avec enchaînement des faits dans une unité de temps et puis incidemment ça se transforme en roman. Un roman court, mais un véritable roman.
S'il n'y avait que peu de doutes que Bandini était John Fante, il y en a peut-être encore moins dans Mon chien Stupide que Henry J. Molise le soit avec sa femme et ses quatre enfants, sa grande maison à Point Dume, son boulot de scénariste à Hollywood et sa créativité littéraire au point mort elle ...
Henry J. Molise = John Fante. Arturo Bandini = John Fante. Fameuses équations d'où il résulte que Henry J. Molise = Arturo Bandini + Variable de temps. Molise est un Bandini qui a vieillit et mûri mais qui ne peut que garder ce caractère de chaud et de froid. Capable de tout, de tendresse, d'amour, de dureté, de brutalité. Rêvant toujours dans un coin de sa tête d'ailleurs où l'herbe est forcément plus verte, les villes plus belles tout comme les femmes qui y vivent, les mets plus délicats et plus délicieux, mais qui sait parfaitement au fond de lui qu'il ne quittera jamais le chemin sur lequel il s'est engagé. Qui peut-être, s'il n'y réfléchit pas longuement, lui convient.
Mon chien Stupide est loufoque et drôle mais aussi bouleversant. Molise est saisi à un moment crucial de sa vie, quand ses enfants vont quitter les uns à la suite des autres la maison familiale. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Molise-Fante est encore une fois d'une grande lucidité sur lui à ce moment-là.
Mon chien Stupide est la deuxième histoire de Henry Molise après Les compagnons de la grappe. Et ici Molise me paraît plus Molise que dans le précédent. Peut-être parce que dans Les compagnons de la grappe, il s'agissait de la relation entre Henry et son père et que celui-ci accaparait une partie de ce nom alors qu'ici, ses enfants ne le font pas.
Dans Mon chien Stupide, il y a aussi un gros chien. Un des fils de Molise l'appelle Stupide. Et ça lui va.
Voilà une histoire qui nous prend par le col et qui nous entraîne avec elle, comme elle le fait pour ses protagonistes. Comme eux, nous savons qu'il faudra aller à son bout. Un chemin du début à la fin, sans brûler les étapes, des révélations qui doivent être faites, de la première à la dernière, sans en oublier une.
Frank Starlight, un jeune indien de 16 ans, va devoir accompagner et aider son père à rejoindre sa dernière demeure. Frank, qui a été élevé par un vieil homme, ne connaît ce père que comme une espèce de fantôme aux rares apparitions et un alcoolique notoire.
Lors de leur périple, à pied pour le garçon et à dos de jument pour le père, Frank et Eldon Starlight vont apprendre à s'apprivoiser, petit à petit, à se connaître. Et apprendre tout court.
Eldon sait qu'il reste très peu de temps, trop peu pour se rapprocher de son fils et devenir un père pour lui, mais au moins pourra-t-il lui dire qui il est et lui raconter les grandes étapes de son histoire. Lui dire les grands-parents de Frank, le travail dans les exploitations forestières, son amitié avec Jimmy, leur guerre de Corée. Eldon fera au moins ça, à son rythme entrecoupé par ses crises régulières et en prenant son temps aussi, peut-être pour être certain de ne rien oublier d'important mais plus sûrement parce que certaines choses sont difficiles à sortir. Comme par exemple les réponses aux deux questions les plus importantes pour son fils.
Merci Claude de m'avoir mis sur la voie de ce livre. Sans toi, je serai passé à côté.
Les étoiles s'éteignent à l'aube ( Richard Wagamese ) ( 2015 ) Éditions 10/18.
Voici deux poèmes chinois que j'ai recopié d'une anthologie il y a quelques années.
Sur l'air Qing Jiang Yin Sur le lac le 9ème jour de la 9ème lune
Le vent d'ouest souffle encore dans les saules au bord du lac
vers le bateau peint il soutient une manche rouge
les mouettes dorment paisibles sur les eaux sauvages
un papillon danse maigre fleur d'automne
pour le vieillard libertin l'ivresse n'est pas le vin
Sur l'air Si Kuai Yu
En voyage le 9ème jour de la 9ème lune
Son chapeau emporté par le vent
il prend de la hauteur avec le vin
l'homme dans les lointains, nuage bleu d'automne
la pluie à ma clôture a dû flétrir les fleurs jaunes
triste encore triste
étage après étage
le 9 de la 9ème lune
Notes : Le 9ème jour de la 9ème lune : La fête du Double Neuf, fin Octobre ou début Novembre, est l'occasion de se réunir, d'admirer ensemble les couleurs de l'automne, de regarder les chrysanthèmes ( fleurs jaunes ), de rechercher les derniers papillons ... L'usage voulait aussi que les lettrés se donnent pour but de promenade un lieu élevé, une colline, une terrasse où l'on buvait entre amis. Au IVème siècle, la tradition existait déjà, et un certain Meng Jia, ivre, laissa échapper en cette occasion son bonnet de mandarin emporté par le vent. Quelqu'un en profita pour écrire un libelle contre lui. L'anecdote devint célèbre. Depuis, chaque année, de siècle en siècle, les poètes ont pris l'habitude, ce jour-là, de perdre ( dans leurs poèmes ) leur couvre-chef emporté par le vent d'ouest ... Manche rouge : jolie fille, courtisane.
Sur le bord gauche, la photo de trois jeunes filles.
Dans l'angle inférieur droit, le texte qui suit, manuscrit et qui est également retranscrit au dos de la carte :
C'est un monstre qui sort d'on ne sait où, il hante les couloirs toutes les nuits et il va dans les chambres des châteaux habités par des enfants. Il fait des câlins aux enfants qui le méritent, ceux qui durant la journée, obéissent aux ordres et qui ne font pas de bêtises. Par contre, aux autres qui n'en font qu'à leur tête, il se transforme en araignée et va sur leur tête. Toutefois dans le nombre des enfants il y a en un bien coquin que l'araignée adore : elle mange toutes les mouches de l'enfant et devient énorme et le réveille pour le remercier. Alors, elle tisse une toile en forme de guitare et s'en va. Elle redevient monstre normal et c'est déjà le matin.
peinture, collage et texte réalisés par Judith dans le cadre de la résidence de Marc Pataut, programme national "Culture à l'hôpital" artothèque du Limousin - CHU Limoges.
avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication - DRAC Limousin, du Conseil Régional du Limousin, de l'Agence Régionale d'Hospitalisation et de la Caisse d'Epargne d'Auvergne et du Limousin.
1) The girl from Ipanema ( 5'22 )
2) Doralice ( 2'43 )
3) Para machuchar meu coração ( 5'04 )
4) Desafinado ( Off key ) ( 4'11 )
5) Corcovado ( Quiet night of quiet stars ) ( 4'13 )
6) Só danço samba ( 3'42 )
7) O grande amor ( 5'24 )
8) Vivo sonhando ( Dreamer ) ( 2'52 )
Stan Getz : saxophone ténor
Joao Gilberto : guitare, voix
Antonio Carlos Jobim : piano
Tommy Williams : basse
Milton Banana : batterie
Astrud Gilberto : voix
Enregistrement : 18 et 19 Mars 1963, New York
Doralice ( Dorival Caymmi - Antônio Almeida )
Doralice eu bem que te disse
Amor é tolice, é bobagem, ilusão
Eu prefiro viver tão sozinho
Ao som do lamento do meu violão
Doralice eu bem que te disse
Olha essa embrulhada em que vou me meter
Agora amor, Doralice meu bem
Como é que nós vamos fazer ?
Doralice eu bem que te disse
Amor é tolice, é bobagem, ilusão
Eu prefiro viver tão sozinho
Ao som do lamento do meu violão
Doralice eu bem que te disse
Olha essa embrulhada em que vou me meter
Agora amor, Doralice meu bem
Como é que nós vamos fazer ?
Um belo dia você me surgiu
Eu quis fugir mas você insitiu
Alguma coisa bem que andava me avisando
Até parece que eu estava adivinhando
Eu bem que não queria me casar contigo
Bem que não queria enfrentar esse perigo
Doralice
Agora você tem que me dizer
Como é que nós vamos fazer ?
Doralice
Doralice, j'ai eu beau te dire
L'amour est folie, bêtise, illusion
Je préfère vivre tout seul
Au son des lamentations de ma guitare
Doralice, j'ai eu beau te dire
Regarde cette embrouille dans laquelle je vais me mettre
Maintenant mon amour, Doralice ma chérie
Comment allons-nous faire ?
Doralice, j'ai eu beau te dire
L'amour est folie, bêtise, illusion
Je préfère vivre tout seul
Au son des lamentations de ma guitare
Doralice, j'ai eu beau te dire
Regarde cette embrouille dans laquelle je vais me mettre
Maintenant mon amour, Doralice ma chérie
Comment allons-nous faire ?
Un beau jour tu as surgi
J'ai voulu fuir mais tu as insisté
Quelque chose quand je marchais me prévenait
Il semblait même que j'avais deviné
Bien que je ne voulais pas me marier avec toi
Bien que je ne voulais pas affronter ce danger
Doralice
Maintenant tu dois me dire
Comment allons-nous faire ?
Un recueil de nouvelles et d'articles de Dino Buzzati sur le thème des animaux, où ceux-ci peuvent avoir le rôle principal ou plus rarement un rôle mineur. Ces nouvelles et ces articles ont été publiés dans le Corriere della Sera durant toute la vie littéraire de l'auteur.
J'ai retrouvé ce que je connaissais de Buzzati : bien sûr son style efficace, si agréable à suivre, son ironie, son "fantastique" distillé à bon escient. J'ai découvert un Buzzati politique, bien qu'uniquement traité sur le mode de l'ironie et de l'humour, parce que voilà, je ne le connaissais pas aussi drôle. Le meilleur exemple est peut-être la nouvelle Tyrannosaurus Rex. Cette légèreté périodique est sans doute la conséquence du mode de publication de ces écrits.
D'abord intrigué par les premiers articles, à l'heure du cinquantième anniversaire du premier homme sur la lune, j'ai vu une belle résonance dans la série d'articles sur les premiers animaux dans l'espace.
Un mot sur mon préféré, "Abattu sur le Quirinal", la lettre adressée par le dévoué Buzzati à son Excellence, le chef du secrétariat de la présidence de la République qui a eu la bonne idée d'abattre un aigle sur la colline romaine. Une belle démonstration de la bêtise de l'élu.
En ouvrant le livre, j'étais sûr de moi. Dino Buzzati ne m'a jamais déçu. Et cette fois encore, ce ne fut pas le cas.
Cette chanson est sur The waiting room, l'album de 2016 des Tindersticks. Elle a été composée à partir d'une démo enregistrée sept ans auparavant. Le clip est réalisé par Rosie Pedlow et Joe King.
Hey Lucinda
Hey Lucinda, you come out drinking with me tonight ? - The summer's almost gone - Hey Lucinda, time's running out - Hey Lucinda, our time is running out
I'm getting tired of those guys, tonight I'm gonna stay home - I'm tired of hanging out, maybe I'll just stay home tonight
When will you learn Lucinda, that feel is a creeping one - So hey Lucinda, you come out drinking with me tonight ? - The summer's almost gone - And soon the path that leads to your house will be a treacherous with the frost - And I may get lost in these cold and lonely nights
I could drink all this body could hold - But for the fear I might fall over and break these brittle bones - And these dirty little cigarettes we smoke - And the liquor it just throws a cloak over the feelings we should show
Hey Lucinda - I may be waiting for you - Time's running out - But hey Lucinda - I may be waiting for you - Our time is running out
Hey Lucinda, you come out drinking with me tonight ? - Yeah, we could find some dancing
I only dance to remember how dancing used to feel - And I wake up every morning to find you waiting for me - Time's a wasting Lucinda, those college guys - They'll be changing all the records, sitting in our favorite spot - But they drink to the future, not to forget the past
But hey Lucinda - I may be waiting for you - Time's running out - I may be waiting for you - But hey Lucinda - Our time is running out
Hé Lucinda
Hé Lucinda, tu viens boire avec moi ce soir ? - L'été est presque fini - Hé Lucinda, le temps presse - Hé Lucinda, notre temps presse
J'en ai marre de ces types, ce soir je veux rester à la maison - Je suis fatiguée de traîner, je vais peut-être rester à la maison ce soir
Quand apprendras-tu Lucinda, ce sentiment est terrifiant - Alors hé Lucinda, tu viens boire avec moi ce soir ? - L'été est presque fini - Et bientôt le chemin qui mène à ta maison sera traître à cause du gel - Et je pourrais me perdre dans ces nuits froides et solitaires
Je pourrais boire tout ce que ce corps peut contenir - Mais de peur je pourrais tomber et me casser ces os fragiles - Et ces sales petites cigarettes que nous fumons - Et l'alcool ça jette juste un voile sur les sentiments que nous devrions montrer
Hé Lucinda - Je t'attends peut-être - Le temps presse - Mais hé Lucinda - Je t'attends peut-être - Notre temps presse
Hé Lucinda, tu viens boire avec moi ce soir ? - Ouais, nous pourrions trouver quelque dancing
Je danse seulement pour me souvenir comment c'était de danser - Et je me réveille chaque matin pour te trouver qui m'attend - Le temps se gaspille Lucinda, ces étudiants - Ils changeront tous les disques, assis à notre endroit préféré - Mais ils boivent au futur, pas pour oublier le passé
Mais hé Lucinda - Je t'attends peut-être - Le temps presse - Je t'attends peut-être - Mais hé Lucinda - Notre temps presse
Nié bouditié est un chant russe tzigane. Le duo avec Lhasa fait partie de l'album Plein de monde ( 2007 ) de Bratsch.
Nié bouditié
Oy da nié bouditié - Tu men man maladova - Oy da paka solnichka - Romalei nié vzaïdiot
Oh Liouba
De louli tchatcho dané - Ay paka solnichka - Romalei nié vzaïdiot
Oy denti denti - Sivones que voliya - Yov bvouilidjia yala - Te baxt e doliya
Ay lou li lou li lou li - Ay lou li lou li lou li - Oh oh oh - Ay lou li lou li lou li - Ay lou li lou li lou li
Oy zaxatchikirenti - Oy loustrio yo yaga yaga - Sto moui nié o zapa tchaikaits o tchaveske te yaka
Ay lou li lou li lou li - Ay lou li lou li lou li - Oh oh oh - Ay lou li lou li lou li - Ay lou li lou li lou li
Ne réveille pas
Ne me réveille pas - Ne réveille pas le garçon - Jusqu'à ce que le soleil - Ne soit levé
Oh Liouba
C'est vrai - Jusqu'à ce que le soleil - Ne soit levé
Laisse libre - Le cheval gris - Et il nous donnera - Joie et bonheur
Ay lou li lou li lou li - Ay lou li lou li lou li - Oh oh oh - Ay lou li lou li lou li - Ay lou li lou li lou li
Éteins la lumière - N'ennuie pas - Les yeux de l'enfant
Ay lou li lou li lou li - Ay lou li lou li lou li - Oh oh oh - Ay lou li lou li lou li - Ay lou li lou li lou li
Une vidéo qui revient sur l'enregistrement de ce duo.
Dans la précédente vidéo est évoqué un enregistrement pour Canal +, le voici. Nulle part ailleurs, le 18 Mars 1999. Los peces, chanson traditionnelle sur La llorona, premier album de Lhasa.
Los peces
La vírgen se está peinando - Entre cortina y cortina - Los cabellos son de oro - Y los peines de plata fina
Pero mira como beben - Los peces en el río - Pero mira como beben - Por ver a dios nacer
Beben y beben - Y vuelven a beber - Los peces en el agua - Por ver a dios nacer
La vírgen lleva una rosa - En su divina pechera - Que se la dió San José - Antes que el niño naciera
La vírgen va caminando - Y va caminando solita - Y no lleva pa companía - Que el niño de su manita
La vírgen lava pañales - Y los tiende del romero - Los pajarillos cantando - Y el romero floreciendo
Les poissons
La vierge se peigne les cheveux - Entre rideau et rideau - Ses cheveux sont en or - Et les peignes en argent fin
Mais regarde comment boivent - Les poissons dans le fleuve - Regarde comme ils boivent - En voyant Dieu naître
Et boivent et boivent - Et boivent encore - Les poissons dans l'eau - En voyant Dieu naître
La vierge, sur son sein divin - Porte une rose - Que Saint-Jean lui a donnée - Avant que l'enfant naisse
La vierge marche - Et elle marche solitaire - Et elle n'a pour l'accompagner - Que l'enfant, par sa petite main
La vierge lave des langes - Et les suspend sur les branches de romarin - Les oiseaux chantent - Et l'arbre fleurit