lundi 7 septembre 2020

Mountolive - Lawrence Durrell

 



Un changement de taille pour ce troisième volume. Darley, le narrateur, a disparu et a été remplacé par un point de vue extérieur. Ceci rend la facture de ce roman beaucoup plus classique par rapport aux premiers échafaudés autour des réminiscences irrégulières de Darley. 

Il débute comme une préquelle de l'histoire précédente, s'attachant aux pas de David Mountolive. A l'époque du complot, il est nommé ambassadeur britannique, jonglant entre Le Caire, la capitale d'hiver et Alexandrie, celle d'été. Mais bien avant cela, jeune homme, il a déjà séjourné en Égypte où il fut l'amant de Leila Hosnani ( et l'amour de sa vie ), la mère de Nessim et Narouz, quand ceux-ci étaient adolescents. 

De part son angle de vue, ce volet est plus politique. Nous sommes dans les coulisses de la diplomatie, ses hauteurs et ses bassesses. Le complot de Nessim et Narouz est un sujet délicat pour l'ambassadeur à cause de sa proximité avec leur famille. Le suicide de Pursewarden, grâce à une dernière lettre envoyée à Mountolive, est ici clairement attribué à la mission que celui-ci lui avait confiée. Il avait défendu Nessim bec et ongles, ne le croyant capable d'aucune action néfaste contre les Anglais, il se sent honteux de s'être trompé et d'avoir été floué. 

Mais Alexandrie et ses amours sont toujours là. Qu'elles soient encore histoire de masques et de carnaval comme pour Amaril et Semira, histoire fraternelle comme pour Pursewarden et sa sœur aveugle Liza, dont le destin est de faire la rencontre de Mountolive ou histoire du passé comme pour celui-ci et Leila ...


Mountolive ( Le quatuor d'Alexandrie 3 ) ( Lawrence Durrell ) ( 1958 ) Éditions Buchet/Chastel et Éditions Le Livre de Poche ( La Pochothèque )




dimanche 6 septembre 2020

Compilation 2020 / Numéro 5

1)

2)

3)

4)

5) The sound of silence ( Simon and Garfunkel )

6) Hemingway ( Paolo Conte )

7) Dollar bill blues ( Townes Van Zandt )

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin )

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan )

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )


J'ai d'abord découvert Paul Simon par Graceland et The rhythm of the saints. Je me rappelle d'ailleurs un petit effet dans une soirée avec des amis en passant The obvious child ... Et bien sûr, j'avais vu Le lauréat ... Mais c'est seulement après que je suis tombé sur The Concert in Central Park.

La première fois, c'était par une belle journée ensoleillée. C'est bizarre de se souvenir de ça ... J'avais ouvert les fenêtres et progressivement j'ai augmenté le volume. L'accord des voix de Simon et Garfunkel, la clarté,  la pureté de leur musique, de leurs mélodies ... il ne faut pas parler de perfection, mais ce jour-là ( et bien d'autres depuis ), il ne pouvait pas y avoir mieux.

PS : Comment peut-il y avoir ten thousand people and more le pouce baissé sous cette vidéo ?




samedi 5 septembre 2020

Balthazar - Lawrence Durrell

 


Toujours sur son île, le narrateur, dont on apprend enfin le nom, Darley, reçoit la visite éclair et surprise de Balthazar. Darley lui a en effet envoyé le manuscrit de "Justine". Balthazar vient le lui ramener et geste décisif, il s'est permis de mettre des commentaires dans les marges, lui révélant des réalités insoupçonnées, ainsi que de nombreuses erreurs dans le récit original.

La principale révélation de Balthazar est la destruction pure et simple de l'histoire d'amour avec Justine. Duperie, manipulation, le pauvre Darley va devoir faire avec ces mots-là, avec les sentiments qui en découlent : il faut qu'il se souvienne encore et dorénavant qu'il se souvienne mieux. Pourquoi la mauvaise humeur de Nessim, si celui-ci était au courant, s'il avait même encouragé cette liaison ? N'est-ce pas plutôt à cause de problèmes d'ordre politique ? Ce complot copte contre les intérêts anglais dont Nessim est l'instigateur, aidé par son frère Narouz, comment Darley a-t-il pu passer à côté ? Deux frères qui sont aussi dissemblables que possible : là où Nessim est beau, brillant, à l'aise en société, son frère est un homme de la terre, brute, sauvage et affublé d'un bec de lièvre. Son amour, non partagé certes, avec la belle Clea et de surprenantes qualités d'orateur, s'ils le sauvent à nos yeux, ne le feront peut-être pas aux yeux de certains.

Le suicide de Pursewarden, le seul véritable amour de Justine selon Balthazar, est encore vecteur de mystères ... Une histoire de mort de plus, une simple histoire d'Alexandrie ? à placer à côté de celle de Scobie, le policier travesti en femme qui se fait assassiner dans cet accoutrement ? Mais n'est-ce pas plus que ça, tant Pursewarden semblait avoir lui aussi d'autres implications que sentimentales dans sa vie ?

Dans ce deuxième tome du quatuor, si certains sont tombés, les masques ont toujours leur utilité, comme dans la grande scène du bal chez les Cervoni. Un masque, une cape comme à Venise et la seule façon de distinguer un homme d'une femme,  ce sont les mains. On peut voir si la personne porte une bague, mais si on ne regarde pas attentivement ... Narouz en fera les frais.


Balthazar ( Le quatuor d'Alexandrie 2 ) ( Lawrence Durrell ) ( 1958 ) Éditions Buchet/Chastel et Éditions Le Livre de Poche ( La Pochothèque )




vendredi 4 septembre 2020

Compilation 2020 / Numéro 6

1)

2)

3)

4)

5)

6) Hemingway ( Paolo Conte )

7) Dollar bill blues ( Townes Van Zandt )

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin )

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan )

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )



Comme tout le monde, je connaissais Come di et Via con me. Chez un ami, j'ai vu ce disque : Concerti de Paolo Conte. Et ce titre : Hemingway. J'en ai lu les paroles. C'est là que ça a dû se passer. J'ai demandé à écouter. Plus j'attendais que la chanson arrive, plus j'aimais ce que j'entendais. Quelques jours après, je suis allé l'acheter. Je l'ai toujours vingt ans plus tard. Personne ne me le prendra.   





jeudi 3 septembre 2020

Justine - Lawrence Durrell

 



Réfugié sur une île grecque avec une petite fille ( celle de sa compagne Melissa ), le narrateur-écrivain anglais se souvient du temps qu'il a passé à Alexandrie et de sa liaison adultère avec Justine, la femme de Nessim, un riche industriel copte. 

Il veut en écrire l'histoire. Ça l'aidera peut-être à comprendre ce qui a pu l'amener à sa fin. Pour se faire, il a en sa possession le journal intime de Justine et Mœurs, le livre qu'Arnauti, son premier mari, a écrit sur leur vie en commun. Arnauti analysait son amour pour sa femme et sondait ses mystères. Des années après, le narrateur va en faire finalement tout autant.

Si Justine est le centre de la vie du narrateur, elle semble être aussi un centre pour de nombreuses autres personnes ... C'est le cas, si on excepte bien sûr Nessim, de Clea la peintre, de Pursewarden le truculent écrivain anglais, de Balthazar le médecin homosexuel, d'autres encore ... Quelles sont les relations profondes qu'elle a tissé avec ces gens-là ? A-t-elle été l'amante de Pursewarden ? de Clea ? de qui d'autre ? Balthazar quant à lui semble savoir beaucoup de choses et quel est le rôle exact joué par la Cabale, la société secrète qu'il dirige ? Voilà certaines des questions que le narrateur se pose. Et sans être jamais sûr d'aucune réponse, il est en même temps assailli par des remords pour le mal qu'il fait à son ami Nessim, dont la jalousie se fait de plus en plus grande et plus encore par ceux d'avoir délaissée Melissa, sa danseuse de maîtresse, atteinte d'une maladie qui va l'emporter. 

Et Alexandrie, cette cité, creuset de nombres de nationalités et de religions, quel rôle joue-t-elle dans tout ça ? A-t-elle une part de responsabilité dans les décisions désastreuses de ses habitants ? Est-elle génératrice de destins funestes ? Des questions, encore des questions ? Le flou et l'opacité règnent sur l'esprit du narrateur comme la brume sur les marécages du Lac Mareotis lors d'une des scènes finales, décisive, celle de la grande chasse aux canards.


Justine ( Le quatuor d'Alexandrie 1 ) ( Lawrence Durrell ) ( 1957 ) Éditions Buchet/Chastel et Éditions Le Livre de Poche ( La Pochothèque )




mercredi 2 septembre 2020

Compilation 2020 / Numéro 7

1)

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4)

5)

6)

7) Dollar bill blues ( Townes Van Zandt )

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin )

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan )

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )



Pas besoin de connaître en détails les paroles ou plus encore de les traduire, l'interprétation de Townes Van Zandt, sa voix et sa musique épurée, suffisent et disent déjà que ses textes sont profonds.

C'est pas si facile que ça, malheureusement, donc je suis content d'avoir déniché ce Dollar bill blues qui a été capté à Amsterdam en 1991. Elle est très proche dans le temps et la forme de l'album public Rain on a conga drum enregistré lui à Berlin en 1990, de la même manière, Van Zandt seul avec sa guitare. C'est ce disque qui me l'a fait découvrir et aimer immédiatement. 






lundi 31 août 2020

Compilation 2020 / Numéro 8

1)

2)

3)

4)

5)

6)

7)

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin )

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan )

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )


Ball and chain, parce que cette musique de la fin des années 60 que Woodstock symbolise a été et est toujours importante pour moi, parce que la traînée lumineuse de la comète Janis restera visible à jamais, parce je l'écoute encore si souvent, parce que justement à Woodstock, elle n'était pas au mieux mais qu'à Monterrey deux ans plus tôt ... voyez vous-mêmes, parce qu'au Monterrey Pop 1967, il y avait une sacrée belle affiche comme on le voit dans le film de D.A. Pennebacker, parce que Ball and chain, c'est le blues, parce que c'est même autre chose, c'est le blues de Janis Joplin, son cœur et ses tripes sur scène ...




dimanche 30 août 2020

Zazie dans le métro - Raymond Queneau

 



La mère de Zazie part en vadrouille et laisse donc la gosse sous la garde de son tonton Gabriel, un colosse au cœur tendre. Et voilà celui-ci bien embêté. Car il ne veut pas faillir à sa tâche et celle-ci est rude : Zazie n'ayant pas froid aux yeux, ne manquant pas une occasion de prendre la tangente pour aller voir ailleurs ceux qui y sont.

Zazie côtoie par Gabriel tout le monde fleuri de ses amis et des habitants du quartier. Charles ( celui qui attend ), la douce Marceline, la femme de Gabriel qui fait toute chose doucement, mais encore Madeleine, Turandot, Gridoux, Fédor Balanovitch. Et d'autres encore, plus ou moins amicaux, la veuve Mouaque et bien sûr le type. Ce type sera plusieurs types au gré de ses noms et déguisements, pourrait être un satyre, pourrait être un flicmane. 

Personne n'a la langue dans sa poche dans ce livre. Et c'est Laverdure, le perroquet, qui a raison en répétant sans cesse : "Tu causes, tu causes, c'est tout ce que tu sais faire." Parce qu'il faut savoir que c'est pas parce qu'on a répondu à une question, qu'on ne peut pas la reposer. Zazie par exemple, aimerait savoir ce qu'est un hormosessuel et si son tonton Gabriel en est un. Qui, bien qu'il soit marié est tout de même danseuse de charme ...

A la fin, on revient au point de départ. On a vieilli.

C'est un ptit tour que j'ai fait du côté de chez Zazie, du côté de chez Queneau, dans son Paris burlesque, un gros gâteau de dialogues comiques, absurdes, de jeux de mots, de néologismes, d'argot que l'on peut savourer en buvant de la grenadine, la boisson préférée de Gabriel. 


Zazie dans le métro ( Raymond Queneau ) ( 1959 ) Éditions Gallimard. 

samedi 29 août 2020

Compilation 2020 / Numéro 9

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6)

7)

8)

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan )

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )


Ce ne fut pas mauvais. Il a déroulé ses chansons pendant une heure et demie de façon professionnelle avec de bons musiciens.

Mais, comme il n'a joué que des claviers, excepté lors du rappel où la sécurité nous autorisa une approche de la scène, nous passâmes tout le temps à le deviner derrière son guitariste, qui non content d'être bien baraqué, avait un plus grand chapeau que lui.

C'était le 4 Juillet 2006 à Cournon. Et, grâce à Internet, je peux même dire ce qu'il a chanté : 13 titres, mélange d'anciennes et de plus récentes chansons, plus Like a rolling stone et All along the watchtower en rappel et bye, see you soon ...

J'ai vu Bob Dylan. 





jeudi 27 août 2020

Compilation 2020 / Numéro 10

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6)

7)

8)

9)

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )


Quand on parle de chanteurs en live, y a-t-il meilleur que le Boss ? donnant des concerts souvent très longs et débordant d'énergie ?

C'est quelqu'un que j'ai eu la chance de voir  ( il y a une éternité ), je peux en témoigner. 

J'aurais pu choisir tellement tellement de titres, des moins connus peut-être mais qui me transportent tout autant. J'ai décidé de ne pas le faire. The river donc ... mais il y a une raison quand même. Retrouver un peu de l'émotion gravée sur le Live 1975-85.




mardi 25 août 2020

Compilation 2020 / Numéro 11

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7)

8)

9)

10)

11) Mr. Soul ( Neil Young )


Parmi tous les grands titres du Loner, Mr. Soul aura toujours une saveur particulière pour moi, un petit quelque chose en plus. Est-ce sa musique imparable, son texte court, rythmé ? Le Neil Young du début avec Buffalo Springfield et ses deux chansons phares, celle- ci et Broken arrow, est encore différent de tout ce qu'il pourra être, par la suite, tout au long de sa gigantesque discographie et de ses multiples visages. 

Et je trouve cette version acoustique magique. Elle vient, comme une petite sœur, pousser de l'épaule son aînée pour se faire une place sur la photo. Maintenant que le cliché a plusieurs années, peut-on dire laquelle est la plus belle ?




Album de la semaine #52

Rain dogs - Tom Waits - 1985 Extrait : Downtown train Voilà, c'est le dernier post de ce blog. Merci à tous les visiteurs, merci pour to...