mardi 15 septembre 2020

Clea - Lawrence Durrell

 


Dans Clea, on assiste aux retours de Darley. Retour en temps que narrateur et également, se décidant enfin à quitter son île, retour à Alexandrie - en chair et en os, cette fois-ci. C'est pour Clea qu'il revient ... pour faire avancer cette histoire jusqu'à sa conclusion aussi. Nous sommes quelques années après les trois premiers volumes, en pleine Seconde Guerre Mondiale. Darley découvre d'ailleurs une Alexandrie sous les bombardements. Qu'en est-il de Nessim ? de Justine ? de Balthazar ? de Mountolive ? de la mémoire de Scobie ? Quelle est la véritable raison du suicide de Pursewarden ? Toutes ces questions trouveront ici des réponses. 

Voilà donc le quatrième et dernier volume du Quatuor et si, sur mes trois premiers posts, j'ai dévoilé certaines choses de l'histoire, c'était au final bien peu tellement celle-ci est riche, en personnages, en rebondissements ...

Ce Quatuor d'Alexandrie est bien une des grandes œuvres littéraires du 20ème siècle de par sa composition particulière ( pour résumer, les trois premiers tomes racontant la même histoire différemment et le quatrième en conclusion ), de par son style ( les descriptions, qu'elles soient de la ville ou de ses environs, à la fois précises et poétiques, créent une Alexandrie dans le même mouvement prosaïque et onirique où nous avons la très nette impression d'évoluer nous-mêmes ), de par ses personnages récurrents ( principaux ou secondaires, leurs particularités physiques ou de langage les rendent mémorables ), de par les signes ( Durrell et son narrateur se référant souvent à la mythologie grecque ), de par ses nombreux pièges et fausses pistes ...

Quatre romans indissociables et qu'il faut lire dans l'ordre, comme les quatre lettres du mot Love. Même si Justine dit de celui-ci : "Au diable le nom qu'on lui donne, qu'on l'écrive donc à l'envers, comme tu m'as dit que faisaient les Elizabéthains pour Dieu. Appelle-le Evol, comme dans "évolution" ou "révolte".


Clea ( Le quatuor d'Alexandrie 4 ) ( Lawrence Durrell ) ( 1960 ) Éditions Buchet/Chastel et Éditions Le Livre de Poche ( La Pochothèque ) 




dimanche 13 septembre 2020

Compilation 2020 / Numéro 2

1)

2) Anyway the wind blows ( Eric Clapton / J.J. Cale and friends )

3) Roads ( Portishead )

4) Chocolate Jesus ( Tom Waits )

5) The sound of silence ( Simon and Garfunkel )

6) Hemingway ( Paolo Conte )

7) Dollar bill blues ( Townes Van Zandt )

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin )

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan )

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )


Trois guitaristes ont comptés pour moi. Mark Knopfler, auquel je dois mes premiers frissons musicaux. Jimi Hendrix aussi, je l'ai beaucoup écouté mais je le préférais blues à psyché. Et puis, est venu Eric Clapton. Je me suis mis alors à dérouler sa carrière. Et j'ai été si souvent enchanté par ce que j'entendais mais je l'admets, aussi déçu quand il s'éloignait de ce blues qui est son ADN. Pas de déception par contre quand il reprend un de mes héros, J.J. Cale, dont je ne reste pas  longtemps sans mettre un des albums, quel qu'il soit.

L'occasion est trop belle, deux de mes idoles qui s'amusent sur scène sur ce petit bijou Anyway the wind blows. En bonus, deux autres grands guitaristes : Derek Trucks et Doyle Bramhall II.

Hey, drummer, drummer, can you give me that beat
Can you give me that beat, got to move my feet




vendredi 11 septembre 2020

Compilation 2020 / Numéro 3

1)

2)

3) Roads ( Portishead )

4) Chocolate Jesus ( Tom Waits )

5) The sound of silence ( Simon and Garfunkel )

6) Hemingway ( Paolo Conte )

7) Dollar bill blues ( Townes Van Zandt )

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin )

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan )

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )


Comme quoi, comme souvent, comme rarement, c'est plus comme je la ressens que comme je la comprends. 

Bien sûr, c'est une alchimie. Il y a dedans la guitare d'Adrian, il y a les bidouillages électroniques de Geoff ( samples de jazz, de musiques de films et autres ) mais c'est vrai, je l'avoue, pour moi, il y a surtout les mots, la voix unique, le chant désenchanté, torturé, de Beth.

Écoutez par exemple Mysterons ... Did you really want, écoutez Sour times ... Nobody loves me, it's true, not like you do, écoutez Roads ...




mardi 8 septembre 2020

Compilation 2020 / Numéro 4

1)

2)

3)

4) Chocolate Jesus ( Tom Waits )

5) The sound of silence ( Simon and Garfunkel )

6) Hemingway ( Paolo Conte )

7) Dollar bill blues ( Townes Van Zandt )

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin )

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan )

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )


C'était en Mai 2000 pour la tournée Mule Variations, un des albums que j'ai le plus attendu de ma vie. C'était à Paris, au Grand Rex. 

Tom Waits, le personnage, son chapeau, ses mimiques, les poches de sa veste pleines de paillettes ou de poudre magique ...

Ces musiciens étaient déjà sur scène et avaient leurs instruments en mains. Les clameurs qui avaient accueilli l'entrée de son contrebassiste portant un chapeau étaient maintenant retombées. Alors que les derniers arrivants s'installaient, il est entré dans la salle par la même porte que moi, hurlant dans son mégaphone : "Good evening, Ladies and Gentlemen, good evening !", puis il a fendu la foule en le répétant et il a rejoint ses musiciens ...




lundi 7 septembre 2020

Mountolive - Lawrence Durrell

 



Un changement de taille pour ce troisième volume. Darley, le narrateur, a disparu et a été remplacé par un point de vue extérieur. Ceci rend la facture de ce roman beaucoup plus classique par rapport aux premiers échafaudés autour des réminiscences irrégulières de Darley. 

Il débute comme une préquelle de l'histoire précédente, s'attachant aux pas de David Mountolive. A l'époque du complot, il est nommé ambassadeur britannique, jonglant entre Le Caire, la capitale d'hiver et Alexandrie, celle d'été. Mais bien avant cela, jeune homme, il a déjà séjourné en Égypte où il fut l'amant de Leila Hosnani ( et l'amour de sa vie ), la mère de Nessim et Narouz, quand ceux-ci étaient adolescents. 

De part son angle de vue, ce volet est plus politique. Nous sommes dans les coulisses de la diplomatie, ses hauteurs et ses bassesses. Le complot de Nessim et Narouz est un sujet délicat pour l'ambassadeur à cause de sa proximité avec leur famille. Le suicide de Pursewarden, grâce à une dernière lettre envoyée à Mountolive, est ici clairement attribué à la mission que celui-ci lui avait confiée. Il avait défendu Nessim bec et ongles, ne le croyant capable d'aucune action néfaste contre les Anglais, il se sent honteux de s'être trompé et d'avoir été floué. 

Mais Alexandrie et ses amours sont toujours là. Qu'elles soient encore histoire de masques et de carnaval comme pour Amaril et Semira, histoire fraternelle comme pour Pursewarden et sa sœur aveugle Liza, dont le destin est de faire la rencontre de Mountolive ou histoire du passé comme pour celui-ci et Leila ...


Mountolive ( Le quatuor d'Alexandrie 3 ) ( Lawrence Durrell ) ( 1958 ) Éditions Buchet/Chastel et Éditions Le Livre de Poche ( La Pochothèque )




dimanche 6 septembre 2020

Compilation 2020 / Numéro 5

1)

2)

3)

4)

5) The sound of silence ( Simon and Garfunkel )

6) Hemingway ( Paolo Conte )

7) Dollar bill blues ( Townes Van Zandt )

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin )

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan )

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )


J'ai d'abord découvert Paul Simon par Graceland et The rhythm of the saints. Je me rappelle d'ailleurs un petit effet dans une soirée avec des amis en passant The obvious child ... Et bien sûr, j'avais vu Le lauréat ... Mais c'est seulement après que je suis tombé sur The Concert in Central Park.

La première fois, c'était par une belle journée ensoleillée. C'est bizarre de se souvenir de ça ... J'avais ouvert les fenêtres et progressivement j'ai augmenté le volume. L'accord des voix de Simon et Garfunkel, la clarté,  la pureté de leur musique, de leurs mélodies ... il ne faut pas parler de perfection, mais ce jour-là ( et bien d'autres depuis ), il ne pouvait pas y avoir mieux.

PS : Comment peut-il y avoir ten thousand people and more le pouce baissé sous cette vidéo ?




samedi 5 septembre 2020

Balthazar - Lawrence Durrell

 


Toujours sur son île, le narrateur, dont on apprend enfin le nom, Darley, reçoit la visite éclair et surprise de Balthazar. Darley lui a en effet envoyé le manuscrit de "Justine". Balthazar vient le lui ramener et geste décisif, il s'est permis de mettre des commentaires dans les marges, lui révélant des réalités insoupçonnées, ainsi que de nombreuses erreurs dans le récit original.

La principale révélation de Balthazar est la destruction pure et simple de l'histoire d'amour avec Justine. Duperie, manipulation, le pauvre Darley va devoir faire avec ces mots-là, avec les sentiments qui en découlent : il faut qu'il se souvienne encore et dorénavant qu'il se souvienne mieux. Pourquoi la mauvaise humeur de Nessim, si celui-ci était au courant, s'il avait même encouragé cette liaison ? N'est-ce pas plutôt à cause de problèmes d'ordre politique ? Ce complot copte contre les intérêts anglais dont Nessim est l'instigateur, aidé par son frère Narouz, comment Darley a-t-il pu passer à côté ? Deux frères qui sont aussi dissemblables que possible : là où Nessim est beau, brillant, à l'aise en société, son frère est un homme de la terre, brute, sauvage et affublé d'un bec de lièvre. Son amour, non partagé certes, avec la belle Clea et de surprenantes qualités d'orateur, s'ils le sauvent à nos yeux, ne le feront peut-être pas aux yeux de certains.

Le suicide de Pursewarden, le seul véritable amour de Justine selon Balthazar, est encore vecteur de mystères ... Une histoire de mort de plus, une simple histoire d'Alexandrie ? à placer à côté de celle de Scobie, le policier travesti en femme qui se fait assassiner dans cet accoutrement ? Mais n'est-ce pas plus que ça, tant Pursewarden semblait avoir lui aussi d'autres implications que sentimentales dans sa vie ?

Dans ce deuxième tome du quatuor, si certains sont tombés, les masques ont toujours leur utilité, comme dans la grande scène du bal chez les Cervoni. Un masque, une cape comme à Venise et la seule façon de distinguer un homme d'une femme,  ce sont les mains. On peut voir si la personne porte une bague, mais si on ne regarde pas attentivement ... Narouz en fera les frais.


Balthazar ( Le quatuor d'Alexandrie 2 ) ( Lawrence Durrell ) ( 1958 ) Éditions Buchet/Chastel et Éditions Le Livre de Poche ( La Pochothèque )




vendredi 4 septembre 2020

Compilation 2020 / Numéro 6

1)

2)

3)

4)

5)

6) Hemingway ( Paolo Conte )

7) Dollar bill blues ( Townes Van Zandt )

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin )

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan )

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )



Comme tout le monde, je connaissais Come di et Via con me. Chez un ami, j'ai vu ce disque : Concerti de Paolo Conte. Et ce titre : Hemingway. J'en ai lu les paroles. C'est là que ça a dû se passer. J'ai demandé à écouter. Plus j'attendais que la chanson arrive, plus j'aimais ce que j'entendais. Quelques jours après, je suis allé l'acheter. Je l'ai toujours vingt ans plus tard. Personne ne me le prendra.   





jeudi 3 septembre 2020

Justine - Lawrence Durrell

 



Réfugié sur une île grecque avec une petite fille ( celle de sa compagne Melissa ), le narrateur-écrivain anglais se souvient du temps qu'il a passé à Alexandrie et de sa liaison adultère avec Justine, la femme de Nessim, un riche industriel copte. 

Il veut en écrire l'histoire. Ça l'aidera peut-être à comprendre ce qui a pu l'amener à sa fin. Pour se faire, il a en sa possession le journal intime de Justine et Mœurs, le livre qu'Arnauti, son premier mari, a écrit sur leur vie en commun. Arnauti analysait son amour pour sa femme et sondait ses mystères. Des années après, le narrateur va en faire finalement tout autant.

Si Justine est le centre de la vie du narrateur, elle semble être aussi un centre pour de nombreuses autres personnes ... C'est le cas, si on excepte bien sûr Nessim, de Clea la peintre, de Pursewarden le truculent écrivain anglais, de Balthazar le médecin homosexuel, d'autres encore ... Quelles sont les relations profondes qu'elle a tissé avec ces gens-là ? A-t-elle été l'amante de Pursewarden ? de Clea ? de qui d'autre ? Balthazar quant à lui semble savoir beaucoup de choses et quel est le rôle exact joué par la Cabale, la société secrète qu'il dirige ? Voilà certaines des questions que le narrateur se pose. Et sans être jamais sûr d'aucune réponse, il est en même temps assailli par des remords pour le mal qu'il fait à son ami Nessim, dont la jalousie se fait de plus en plus grande et plus encore par ceux d'avoir délaissée Melissa, sa danseuse de maîtresse, atteinte d'une maladie qui va l'emporter. 

Et Alexandrie, cette cité, creuset de nombres de nationalités et de religions, quel rôle joue-t-elle dans tout ça ? A-t-elle une part de responsabilité dans les décisions désastreuses de ses habitants ? Est-elle génératrice de destins funestes ? Des questions, encore des questions ? Le flou et l'opacité règnent sur l'esprit du narrateur comme la brume sur les marécages du Lac Mareotis lors d'une des scènes finales, décisive, celle de la grande chasse aux canards.


Justine ( Le quatuor d'Alexandrie 1 ) ( Lawrence Durrell ) ( 1957 ) Éditions Buchet/Chastel et Éditions Le Livre de Poche ( La Pochothèque )




mercredi 2 septembre 2020

Compilation 2020 / Numéro 7

1)

2)

3)

4)

5)

6)

7) Dollar bill blues ( Townes Van Zandt )

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin )

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan )

10) The river ( Bruce Springsteen )

11) Mr. Soul ( Neil Young )



Pas besoin de connaître en détails les paroles ou plus encore de les traduire, l'interprétation de Townes Van Zandt, sa voix et sa musique épurée, suffisent et disent déjà que ses textes sont profonds.

C'est pas si facile que ça, malheureusement, donc je suis content d'avoir déniché ce Dollar bill blues qui a été capté à Amsterdam en 1991. Elle est très proche dans le temps et la forme de l'album public Rain on a conga drum enregistré lui à Berlin en 1990, de la même manière, Van Zandt seul avec sa guitare. C'est ce disque qui me l'a fait découvrir et aimer immédiatement. 






Album de la semaine #52

Rain dogs - Tom Waits - 1985 Extrait : Downtown train Voilà, c'est le dernier post de ce blog. Merci à tous les visiteurs, merci pour to...