Peut-être à cause de Bernard, le libraire ivrogne, dépressif, au bord du nihilisme, peut-être à cause de ses deux acolytes lunaires, Manny son employé et Fran, la propriétaire du magasin d'à côté, sans doute la réunion de ces trois-là. Peut-être parce qu'elle est anglaise. Peut-être parce qu'elle se déroule en grande partie autour de rayonnages de livres, en tous cas, moi qui n'aime pourtant pas du tout les sitcom, je regardais avec plaisir celle-ci.
Black books ( 2000-2004 ). Trois saisons de six épisodes chacune.
Un petit extrait du deuxième épisode : Le premier jour de Manny.
Les quatre premières minutes d'un entretien d'Henry Miller avec Fernand Seguin en 1969. L'émission s'appelle Le sel de la semaine, elle était diffusée sur Radio-Canada. Il s'agit dans sa totalité d'un entretien d'une heure.
Dans une lettre à sa femme Hoki, datée du 6 Juin 1969, Miller écrit qu'il quittera sa maison en Californie le 24 ou le 25 du mois et se rendra à Montréal, puis à Londres et sera enfin à Paris le 1er Juillet pour le tournage d'une adaptation du Tropique du Cancer.
Fernand Seguin était un biochimiste, qui dans cette série d'émissions recevait des personnalités de différents domaines. On peut trouver des vidéos avec Jack Kerouac, Michel Simon ou Léo Ferré.
Goshen est extraite du troisième album de Beirut, The rip tide, sorti en 2011 ( quatrième si on tient compte de la réunion de deux Ep : The march of the Zapotec / Realpeople Holland ).
Goshen est le nom d'un groupe de rock originaire de Santa Fe et ami de Zach Condon. D'après la Bible, c'est aussi le nom hébreu d'une région de l'Égypte antique. A cause de cela, plusieurs localités américaines portent ce nom.
Il faut faire avec ça pour saisir de quoi parle la chanson.
Goshen
You're on in five
It's time you rise
Or fade
They've gone before
Stood by your door
All day
For what it's worth
Defend your kind
From shame
The lights are down
Go on inside
They've paid
You're the face in stone
Through the land I own
You never found it home
You're not the girl I used to know
What would you hide from such a glow
If I had only told you so
You're on in five
It's time you rise
Or fade
They've gone before
Stood by your door
All day
But you never found it home
A fair price I'd pay to be alone
What would you hide from such a glow
If I had only told you so
Goshen
C'est à toi dans cinq minutes
Il est temps que tu brilles
Ou palisses
Ils sont déjà venus
Se sont tenus à ta porte
Tout le jour
Pour ce que ça vaut
Défend ton espèce
De la honte
Les lumières sont éteintes
Viens à l'intérieur
Ils ont payé
Tu es le visage dans la pierre
A travers cette terre que je possède
Tu ne l'as jamais trouvé chez toi
Tu n'es plus la fille que je connaissais
Que cacherais-tu d'un tel éclat ?
Si seulement je te l'avais dit
C'est à toi dans cinq minutes
Il est temps que tu brilles
Ou palisses
Ils sont déjà venus
Se sont tenus à ta porte
Tout le jour
Mais tu ne l'as jamais trouvé chez toi
Un juste prix que je paierai pour être seul
Que cacherais-tu d'un tel éclat ?
Si seulement je te l'avais dit
( Dans la version originale, dans le dernier couplet, on peut entendre glory au lieu de glow, gloire au lieu d'éclat ).
Il m'est arrivé en lisant Cendrars - et je ne suis pas coutumier du fait - de reposer le livre pour pouvoir me tordre les mains de joie ou de tristesse, d'angoisse ou de désespoir. Cendrars s'est maintes fois dressé sur mon chemin, aussi implacable qu'un tueur qui vous presse le canon de son revolver contre l'épine dorsale. Certes, il m'arrive souvent d'être emporté par l'enthousiasme en lisant une œuvre. Mais je veux parler ici de quelque chose d'autre que l'exaltation. Je parle d'une sensation au sein de laquelle toutes nos émotions viennent se fondre et se mêler. Je veux dire les coups qui vous laissent k-o. Cendrars m'a mis k-o. Non pas une fois, mais souvent. Et pourtant, je sais encaisser ! Oui, mon cher Cendrars, non seulement vous m'avez arrêté, mais vous avez arrêté la pendule. Il m'a fallu des jours, des semaines, parfois des mois, pour me remettre de ces assauts avec vous. Des années plus tard, je peux encore toucher de la main le point où le coup a frappé et sentir la cuisson de la vieille blessure. Vous m'avez meurtri et couvert de bleus ; vous m'avez laissé marqué de cicatrices, ahuri, assommé. Ce qu'il y a de curieux, c'est que mieux je vous connais - par vos livres - plus je deviens sensible. On dirait que vous avez tracé sur moi le signe magique.
Les livres de ma vie ( Henry Miller ) ( 1952 ) pp 79-80 ( L'imaginaire Gallimard )
L'ange près de la tombe ( 1869 ) ( Julia Margaret Cameron ) ( 1815-1879 ) L'ange près de la tombe, 1869. Après la résurrection du Christ, Dieu a envoyé un ange pour garder sa tombe vide. Le visage de l'ange irradie une lumière divine, que Cameron matérialise par un intense rayon lumineux sur le front du modèle, Mary Hillier, dont l'acuité diffère de l'éclairage du reste de la photo. Cameron donne le sens de cette lumière en écrivant : "la gloire de Dieu la frappe au visage, un rayon de lumière spirituelle et surnaturelle nimbe sa tête d'un éclat mystique".
La taille importante de l'objectif et de la plaque entraîne de longs temps de pose, pendant lesquels le moindre mouvement du modèle peut anéantir le résultat final. Selon plusieurs témoignages, les séances de pose semblaient interminables, particulièrement aux enfants, tant les ambitions artistiques de Cameron passaient avant le confort du sujet ou le sien propre. Il n'est pas surprenant que le modèle favori de Cameron ait été sa bonne, Mary Hillier, pour qui poser était une tâche gratifiante certes, mais somme toute domestique.
Julia Margaret Cameron ( Joanne Lukitsh ) pp 104 et 10-11 ( 2001 ) ( Éditions Phaidon )
Hi everybody ! At home, at work, in the streets maybe, wherever you are, you're welcome on the KCRW's warm night. And this night is a special one 'cos we have the privilege to receive the one that comes back after seven years, seven long years. Woman is the first single of her brand new album Wanderer. Are you ready, Chan ?
Buddies, just for you, Cat Power, Woman.
Il suffit d'un coup d'œil sur la pochette, d'un autre sur certains titres de chansons de The Flying club cup ( Nantes, La banlieue, Cliquot, Un dernier verre ( pour la route ), Cherbourg ) pour avoir une idée assez claire d'où veut nous emmener Beirut avec cet album.
Zach Condon : Je ne suis jamais allé à Nantes. À l'origine, mon idée pour The Flying club cup était de donner à chaque chanson le nom d'une ville côtière française. Littéralement, je voulais faire une sorte de tour de France, de droite à gauche. C'est comme ça que Nantes est apparue.
La première vidéo est la version de l'album. Au milieu de la chanson, on entend un extrait de dialogues de La bête humaine de Jean Renoir, les images de cet extrait dans la deuxième vidéo. La dernière, c'est Nantes dans les rues de Paris.
Nantes
Well, it's been a long time, long time now
Since I've seen you smile
And I'll gamble away my fright
And I'll gamble away my time
And in a year, a year or so
This will slip into the sea
Well, it's been a long time, long time now
Since I've seen you smile
Nobody raise their voices
Just another night in Nantes
Nantes
Bien, ça fait longtemps, longtemps maintenant
Que je ne t'ai pas vu sourire
Et je perdrai au jeu ma peur
Et je perdrai au jeu mon temps
Et dans un an, un an ou à peu près
Tout va glisser dans la mer
Bien, ça fait longtemps, longtemps maintenant
Que je ne t'ai pas vu sourire
Personne n'élève la voix
Juste une autre nuit à Nantes
Dans le livret de l'album Gulag Orkestar, Zach Condon demande à l'auteur des clichés de la pochette de se faire connaître. Ces photographies, il les a trouvés dans un livre d'une bibliothèque de Leipzig.
Ceci répond à une question qu'on peut se poser. D'où vient la musique à contre-courant de Zach Condon, le jeune homme originaire d'Albuquerque qui se cache derrière Beirut ? Elle provient donc de voyages effectués dans les pays de l'est. De là, la trompette, le violon, l'accordéon ...
Gulag Orkestar est le premier album de Beirut, on est en 2006, Zach Condon a 20 ans. L'année suivante, il prouvera encore qu'il est un garçon atypique.
PS : On sait maintenant qui est l'auteur des photographies, il s'agit d'un certain Sergey Chilikov.
Mount Wroclai ( Idle days )
And I know when times
Will pass by slow
Without my heart
What can I do ?
You're in the halls
The bell gives way to a larger swell
Without my heart
What can I do ?
Wroclai
And we grow fat
On the charms of our idle dreary days
Seem the shadows grow
See an ominous display
With no alarm
Could we say we'd have expected this way ?
Our desires have died
Give incent to play
Wroclai
Mont Wroclai ( Jours de paresse )
Et je sais quand le temps
Passera avec lenteur
Sans mon cœur
Que puis-je faire ?
Tu es dans la nef
La cloche fait une flèche plus large
Sans mon cœur
Que puis-je faire ?
Wroclai
Et nous devenons gros
Dans le charme de nos jours tristes et paresseux
Il semblait que les ombres grandissaient
Nous y avons vu un mauvais présage
Sans alarme
Pourrions-nous dire que nous l'avions prévu comme ça ?
Nos désirs qui sont morts
Incitent à jouer
Wroclai
Béatrice ( 1865 ) ( Julia Margaret Cameron ) ( 1815-1879 ) Béatrice, 1865. L'histoire de Béatrice Cenci, exécutée au XVIème siècle pour avoir commandité l'assassinat de son père, un homme violent qu'elle accusait d'inceste, est illustrée par de nombreuses œuvres d'art, dont beaucoup sont inspirées de la pièce de Percy Shelley de 1819, The Cenci. L'éclairage et la composition de Cameron mettent en valeur la douce beauté de Béatrice. Son expression résignée ainsi que son regard baissé sont démentis cependant par le mouvement de sa tête, délibérément tournée vers le spectateur, comme si elle espérait la clémence sans pouvoir ou vouloir la réclamer.
Julia Margaret Cameron ( Joanne Lukitsh ) p 56 ( 2001 ) ( Éditions Phaidon )
Dans cet immense jardin, touffu comme un parc et tout planté d'arbres des différentes essences du pays et que prolongeait en bordure du funiculaire un verger rempli de toutes les variétés des arbres à fruit, dont les étages en talus étaient marqués par des rangées de figuiers centenaires et les terrassements servaient de maçonnerie à des canaux, des rigoles, des petites écluses, des fontaines aboutissant, tout au bas de la propriété, à un grand bassin rectangulaire avec, aux quatre coins, des néfliers tordus, sis au milieu d'un quinconce ombragé de mûriers blancs dont les baies étaient douces comme fraises écrasées, ce qui faisait que nous nous y attardions gourmands, Elena et moi, assourdis par les grenouilles, et d'où partait un mauvais chemin tout encombré de grosses pierres rondes qui menait à un fonds perdu, à une maisonnette enfouie sous le jasmin et l'héliotrope qui retombaient du toit, s'agrippant aux volets toujours clos, derrière lesquels brûlait une lampe en plein jour, s'entendait la musique d'un piano furibond, passait de temps en temps une ombre entre les lamelles disjointes, une camisole blanche, un madras, zia Régula, une folle, qui vivait là, enfermée, et que personne ne visitait jamais et qu'Elena et moi, qui étions inséparables, allions surveiller de loin en loin avec le secret espoir de la surprendre, un jour qu'elle sortirait de son alcôve pour se mettre à sa fenêtre et fumer le cigare, un long toscan, ou qu'elle ferait taire son piano pour faire quelques pas dehors comme Benjamin, le vieux jardinier, nous avait dit que cela arrivait parfois, et nous nous tenions en embuscade dans ce coin le plus abandonné de la propriété, un véritable maquis, à contrebas, à l'extrême droite, faisant corne, Benjamin y cultivant un carré en potager, séparé du fouillis des mauvaises herbes par une barrière vétuste et branlante dont nous arrachions les lattes pour nous faire sabres et poignards de bois et pouvoir tailler en pièces les chardons, les orties, les longues herbes gommeuses et collantes dont nous avions du mal à nous dépêtrer quand nous nous cachions là-dedans.