dimanche 23 juin 2019

Los hermanos - Bïa / Lhasa

Pour Célestine ...

Cette chanson est sur Nocturno, l'album de Bïa de 2008. Elle a été écrite par Atahualpa Yupanqui.




Los hermanos

Yo tengo tantos hermanos - Que no los puedo contar - En el valle, la montaña - En la pampa y en el mar
Cada cual con sus trabajos - Con sus sueños, cada cual - Con la esperanza adelante - Con los recuerdos detras
Yo tengo tantos hermanos - Que no los puedo contar
Gente de mano caliente - Por eso de la amistad - Con uno lloro, pa llorado - Con un rezo pa rezar
Con un horizonte abierto - Que siempre esta mas alla - Y esa fuerza pa buscarlo - Con teson y voluntad
Cuando parece mas cerca - Es cuando se aleja mas - Yo tengo tantos hermanos - Que no los puedo contar
Y asi seguimos andando - Curtidos de soledad - Nos perdemos por el mundo - Nos volvemos a encontrar
Y asi nos reconocemos - Por el lejano mirar - Por la copla que mordemos - Semilla de immensidad
Y asi, seguimos andando - Curtidos de soledad - Y en nosotros nuestros muertos - Pa que nadie quede atras
Yo tengo tantos hermanos - Que no los puedo contar - Y una novia muy hermosa - Que se llama Libertad !


Les frères 

J'ai tant et tant de frères - Que je ne peux les compter - Dans la vallée, la montagne - Sur la plaine et sur la mer
Chacun avec son travail - Chacun avec ses rêves - Avec l'espoir devant soi - Et les souvenirs derrière
J'ai tant et tant de frères - Que je ne peux les compter
Avec les mains chaleureuses - De leur amitié - Avec une complainte pour pleurer - Avec une prière pour prier
Avec un horizon ouvert - Qui est toujours loin - Et cette force pour l'atteindre - Avec obstination et volonté
Quand il semble près - C'est là qu'il s'éloigne encore - J'ai tant et tant de frères - Que je ne peux les compter
Et ainsi toujours nous allons - Tannés par la solitude - Par le monde nous nous perdons - Toujours nous nous retrouvons
Et ainsi nous nous reconnaissons - Par le même regard lointain - Par ce couplet où nous mordons - Graine d'immensité
Et ainsi toujours nous allons - Tannés par la solitude - Et en nous nous portons nos morts - Que personne ne reste en arrière
J'ai tant et tant de frères - Que je ne peux les compter - Et une très belle fiancée - Que l'on nomme Liberté !


mardi 9 avril 2019

Le pont dans la jungle - B. Traven


Un roman atypique car il s'écoule le long d'une seule nuit, du crépuscule à cette aube qui sera aussi fatalement un crépuscule et qu'il déroule tous les faits, tous les gestes, même les plus infimes, même s'ils se répètent. Les minutes passent, les heures, le drame arrive et il faudra qu'il passe pareillement afin qu'il puisse être accepté.
Gales, le narrateur est atypique lui aussi, par l'énigme qu'il est - on ne sait rien de lui ou presque, sinon sa nationalité américaine et son état de voyageur - et par son impuissance devant ce qui se joue sous ses yeux. Il se contente de rapporter minutieusement la nuit.
Par ces intermédiaires, Gales, cette nuit, ce drame, B. Traven nous décrit en détail un village d'indiens d'Amérique centrale. Une communauté extrêmement pauvre mais soudée, dont les valeurs, on le sent bien avant qu'il ne le dise clairement, lui vont droit au cœur.
Mes précédentes lectures de Traven étaient lointaines, je ne me souvenais que vaguement de son style. Il est précis, sans fioritures. Une belle redécouverte.


Le pont dans la jungle ( B. Traven ) ( 1929 ) ( Gallimard / La Noire )

samedi 6 avril 2019

Sail away ( Randy Newman )

Sail away - Randy Newman ( 1972 )





1) Sail away ( 2'56 )
2) Lonely at the top ( 2'32 )
3) He gives us all his love ( 1'53 )
4) Last night I had a dream ( 3'01 )
5) Simon Smith and the amazing dancing bear ( 2'00 )
6) Old man ( 2'42 )
7) Political science ( 2'00 )
8) Burn on ( 2'33 )
9) Memo to my son ( 1'56 )
10) Dayton, Ohio - 1903 ( 1'47 )
11) You can leave your hat on ( 3'18 )
12) God's song ( that's why I love mankind ) ( 3'36 )

Composed and arranged by Randy Newman


God's song ( that's why I love mankind )

Cain slew Abel, Seth knew not why
For if the children of Israel were to multiply
Why must any of the children die ?
So he asked the Lord
And the Lord said

Man means nothing, he means less to me
Than the lowliest cactus flower
Or the humblest Yucca tree
He chases round the desert
'Cause he thinks that's where I'll be
That's why I love mankind

I recoil in horror from the foulness of thee
From the squalor and the filth and the misery
How we laugh up here in heaven at the prayers you offer me
That's why I love mankind

The Christians and the Jews were having a jamboree
The Buddhists and the Hindus joined on satellite TV
They picked their four greatests priests
And they began to speak
They said "Lord, a plague is on the world
Lord, no man is free
The temples that we built to you
Have tumbled into the sea
Lord, if you won't take care of us
Won't you please, please let us be ?"
And the Lord said
And the Lord said

I burn down your cities, how blind you must be
I take from you your children and you say how blessed are we
You all must be crazy to put your faith in me
That's why I love mankind
You really need me
That's why I love mankind

La chanson de Dieu ( Voilà pourquoi j'aime le genre humain )

Caïn tua Abel, Seth ne sut pas pourquoi
Car si les enfants d'Israël devaient se multiplier
Pourquoi fallait-il qu'un seul de ses enfants meurt ?
Alors il questionna le Seigneur
Et le Seigneur répondit

L'homme ne représente rien, il représente moins pour moi
Que la moindre fleur de cactus
Ou le plus humble des Yuccas
Il parcourt le désert
Parce qu'il pense que c'est là qu'il va me trouver
Voilà pourquoi j'aime le genre humain

Je recule d'horreur devant votre grossièreté
Devant le sordide, la saleté et la misère
Comme nous rions ici au paradis des prières que vous m'adressez
Voilà pourquoi j'aime le genre humain

Les Chrétiens et les Juifs firent une réunion
Les Bouddhistes et les Hindus se parlèrent grâce à la télé satellite
Ils choisirent leurs quatre meilleurs prêtres
Et commencèrent à parler
Ils dirent "Dieu, un fléau s'abat sur le monde
Dieu, aucun homme n'est libre
Les temples que nous vous avons construit
Ont basculé dans la mer
Dieu, si vous ne prenez pas soin de nous
Voulez-vous s'il vous plait, s'il vous plait nous laisser ?
Et le Seigneur répondit
Et le Seigneur répondit

J'ai brûlé vos cités, vous devez être bien aveugles
Je vous ai pris vos enfants et vous dites "Comme nous sommes bénis"
Vous devez être fous, tous, de croire en moi
Voilà pourquoi j'aime le genre humain
Vous avez réellement besoin de moi
Voilà pourquoi j'aime le genre humain

lundi 1 avril 2019

L'ange blessé ( Hugo Simberg ) / Le châle andalou ( Elsa Morante )


Hugo Simberg ( 1873 - 1917 ) est un peintre symboliste finlandais. L'ange blessé est peut-être son tableau le plus célèbre. Il fait partie des trois œuvres ( deux toiles et une fresque ) que Simberg a peint pour la nouvelle cathédrale de Tampere.


La fresque aux enfants nus, L'ange blessé ainsi que le second tableau où l'on peut voir des squelettes en train de jardiner ( Le jardin de la mort ) sont des œuvres très inhabituelles dans une cathédrale. D'où le scandale qui a eu lieu ...

Cet ange blessé m'a accompagné et à chaque fois que je reprenais le livre, intrigué durant la lecture du recueil de nouvelles d'Elsa Morante dont il illustre la couverture.


Dans les quatorze nouvelles du Châle andalou, le monde de l'enfance, de l'adolescence est confronté à celui des adultes. Et illusions, innocence, il y a souvent perte.
Avec la nouvelle éponyme, beaucoup plus longue que les autres, celle qui m'a le plus marqué est celle qui peut-être énonce le plus clairement le thème. Dans Le jeu secret, deux frères et une sœur s'imaginent un monde chevaleresque pour mieux affronter leur stricte réalité parentale, jusqu'au moment où celle-ci les rattrape.
Une belle écriture - une belle lecture.

L'ange blessé ( Hugo Simberg ) ( 1903 )
Le châle andalou ( Elsa Morante ) ( 1963 ) ( Folio )

mardi 5 mars 2019

Stranger than paradise / I put a spell on you

Willie : Pas ça !
Eva : C'est "Screamin' Jay".
Willie : C'est nul !
Eva : Tu dis des bêtises. C'est mon idole.
Eddie : Moi, j'aime bien.
Willie : Tu aimes ce truc ?
Eva : Merci, Eddie. Serrons les coudes.
Willie : C'est débile.
Eddie : C'est de la musique d'autoroute. C'est chouette.
Eva : Ça faisait longtemps que je ne l'avais pas entendu.




Stranger than paradise, un film de Jim Jarmusch ( 1984 )
I put a spell on you ( Screamin' Jay Hawkins ) ( 1956 )

mercredi 23 janvier 2019

Une espionne dans la maison de l'amour - Anaïs Nin


Vous dites en vous-même : voici la femme falsificatrice, voici l'espionne internationale dans la maison de l'amour ( ou dois-je spécifier dans la maison des multiples amours ? ). Mais je dois vous avertir : il faut me saisir avec délicatesse ; je m'enveloppe d'un manteau irisé aussi fragile que le pollen des fleurs, et, bien que je consente à me laisser arrêter, si vous prenez possession de moi trop rudement, vous risquez de perdre de nombreuses preuves de ma culpabilité. Je n'ai pas envie que vous salissiez ce manteau délicat peint aux couleurs merveilleuses créés par mes illusions ; aucun peintre n'a jamais su le reproduire. Il est étrange, n'est-ce pas, qu'aucun produit chimique ne puisse communiquer à un être humain ce rayonnement irisé que lui prêtent les illusions. Donnez-moi votre chapeau. Vous avez l'air guindé, mal à l'aise. Alors, en fin de compte, vous avez dépisté tous mes personnages ? Vous rendez-vous compte du courage et de la témérité que réclame ma profession ? Très peu de gens ont ce don. Chez moi, c'est une vocation. Elle s'est manifestée de très bonne heure par mon habileté à me tromper moi-même. J'étais de celles qui appellent une cour un jardin, une location meublée un foyer. Si je rentrais en retard chez moi, pour éviter de me faire gronder je savais immédiatement imaginer et raconter à mes parents des aventures tellement hallucinantes qu'ils avaient besoin de plusieurs minutes pour en secouer le charme et revenir à la réalité. Je pouvais sortir de mon être habituel, de ma vie quotidienne et changer fréquemment de personnage sans me faire remarquer. Je veux dire que mon premier crime, vous serez peut-être surpris de l'apprendre, je l'ai commis contre moi-même. Ma faute, ce fut de corrompre un jeune être qui était moi-même. J'ai altéré ce qu'on appelle la réalité afin de créer un monde plus beau. J'ai constamment amélioré la réalité. On ne m'a pas arrêtée pour ce crime.


Une espionne dans la maison de l'amour ( Anaïs Nin ) ( 1954 ) pp 194-195 ( Éditions Stock / La Cosmopolite )

mercredi 16 janvier 2019

Corfu - Beirut

Paleokastritsa, le mont Pantokrator, la fameuse maison blanche de Lawrence Durrell à Kalami ... voilà ce que m'évoque en premier lieu le nom Corfou.

Fin de ma petite série sur Beirut.
Je fais l'impasse sur l'album No no no de 2015, qui proposait pourtant de belles étapes comme par exemple à Gibraltar mais qui m'a laissé un peu sur ma faim et je passe tout de suite au futur avec l'instrumental Corfu, extrait de Gallipoli, le prochain disque qui sort début Février.
Un clip, basé sur la pochette, simple mais ... beau.



mercredi 26 décembre 2018

J'ai revu Aprile


Aprile ( Nanni Moretti ) ( 1998 )


De belles fêtes de fin d'année à tous !
A bientôt pour le "Motore !" de l'année 2019.

vendredi 21 décembre 2018

Le "pin lunaire" du monastère d'Ueno - Ando Hiroshige


A travers la branche du "pin lunaire" on découvre ici une vue de l'étang Shinobazu-no ike, c'est-à-dire Étang de l'Impatience.
Comme cela arrive souvent dans les estampes de la série, le "centre sémantique" ne correspond pas au centre de la composition. Ici, tout le premier plan est occupé par la fameuse branche du "pin lunaire" que l'artiste a élevé au rang d'élément principal de l'œuvre. En fait, le centre d'attraction de l'endroit représenté qui est bien le sanctuaire de Benten, est à peine ébauché : ses constructions que l'on reconnaît aisément à la couleur rouge, propre à tous les édifices shintoïstes, sont reléguées au bord de la feuille qui les coupe.
L'encadrement formé par la branche contient le tableau de la rive opposée de l'étang Shinobazu-no ike. A l'époque de Hiroshige, cet endroit ( Hongodai ) était occupé par les demeures des daimyo. La résidence comprise dans l'encadrement de la branche du pin est Kagayashiki qui en 1616-1617 appartenait à la famille Maeda qui gouvernait la province de Kaga. Les constructions monochromes de la résidence forment le fond du paysage dont la dominante est le beffroi se dressant sur le territoire du domaine.

Texte : Mikhaïl Ouspenski


Le "pin lunaire" du monastère d'Ueno ( Ando Hiroshige ) ( 8 / 1857 ) 89ème estampe de la série des Cent aspects d'Edo. 

mardi 11 décembre 2018

Black books ( Série )


Peut-être à cause de Bernard, le libraire ivrogne, dépressif, au bord du nihilisme, peut-être à cause de ses deux acolytes lunaires, Manny son employé et Fran, la propriétaire du magasin d'à côté, sans doute la réunion de ces trois-là. Peut-être parce qu'elle est anglaise.  Peut-être parce qu'elle se déroule en grande partie autour de rayonnages de livres, en tous cas, moi qui n'aime pourtant pas du tout les sitcom, je regardais avec plaisir celle-ci.


Black books ( 2000-2004 ). Trois saisons de six épisodes chacune.

Un petit extrait du deuxième épisode : Le premier jour de Manny.



lundi 3 décembre 2018

Henry Miller - Entretien avec Fernand Seguin

Les quatre premières minutes d'un entretien d'Henry Miller avec Fernand Seguin en 1969. L'émission s'appelle Le sel de la semaine, elle était diffusée sur Radio-Canada. Il s'agit dans sa totalité d'un entretien d'une heure.

Dans une lettre à sa femme Hoki, datée du 6 Juin 1969, Miller écrit qu'il quittera sa maison en Californie le 24 ou le 25 du mois et se rendra à Montréal, puis à Londres et sera enfin à Paris le 1er Juillet pour le tournage d'une adaptation du Tropique du Cancer.

Fernand Seguin était un biochimiste, qui dans cette série d'émissions recevait des personnalités de différents domaines. On peut trouver des vidéos avec Jack Kerouac, Michel Simon ou Léo Ferré.



Album de la semaine #52

Rain dogs - Tom Waits - 1985 Extrait : Downtown train Voilà, c'est le dernier post de ce blog. Merci à tous les visiteurs, merci pour to...