mardi 3 novembre 2020

Une semaine avec Leonard Cohen 2/7

Hey, that's no way to say goodbye - Roberta Flack 

Album : First take ( 1969 ) 

Album Leonard Cohen : Songs of Leonard Cohen ( 1967 ) 




lundi 2 novembre 2020

Une semaine avec Leonard Cohen 1/7

First we take Manhattan ( Clip officiel ) 

Réalisation clip : Dominique Issermann

Album : I'm your man ( 1988 ) 




mardi 27 octobre 2020

Treize histoires - William Faulkner

 


Ma lecture de Treize histoires fait suite, plusieurs années après, à celle du petit recueil Une rose pour Emily, quatre nouvelles piochées parmi ces treize-là.

Le livre est divisé en trois parties. La première regroupe quatre histoires de guerre, ou plutôt "d'après la guerre". Elles sont principalement inspirées par la petite expérience de l'auteur dans l'aviation. Cette guerre, la première, qui a fait beaucoup de morts et plus encore de morts vivants, tous vaincus de quelque côté qu'ils soient. La guerre est également présente dans la troisième partie et ses trois nouvelles avec cette fois l'Italie en toile de fond. On mettra le dernier texte Carcassonne à part, quelques pages d'un rêve entre profondeurs de la mer, cavalier et cheval grimpant jusqu'au firmament où l'on retrouve dans sa construction et sa musique un peu du Faulkner du Bruit et la fureur. Ce Faulkner-là, c'est celui de son comté imaginaire, le Yoknapatawpha, creuset de tous ses chefs d'œuvre. C'est celui aussi ici des six histoires qui forment la partie centrale. Les quatre nouvelles que je connaissais déjà, Une rose pour Emily, Chevelure, Soleil couchant et Septembre ardent côtoient deux autres textes, Feuilles rouges et Un juste, dans lesquels nous remontons le temps : le comté étant alors dirigé par les Indiens, il faut prendre pour argent comptant leurs croyances, leur magie ainsi que leur violence.

C'est toujours une lecture déroutante un livre de Faulkner, quel qu'il soit. Il faut souvent se contenter de ressentir à défaut de comprendre. Finalement, c'est un peu moins le cas pour les quatre histoires extraites dans Une rose pour Emily, qui sont de ce fait plus accessibles. Si Soleil couchant reste quand même ma préférée car on y retrouve là les Compson, les parents et trois des enfants, Caddy, Jason et Quentin, ces quatre nouvelles sont-elles pour autant les meilleures ? Il y a tellement dans tous les textes de William Faulkner, qu'il faudrait pouvoir lire et relire, tant de choses nous échappant à la première lecture. 

Treize histoires ( William Faulkner ) ( 1931 ) Editions Folio. 

vendredi 23 octobre 2020

Paterson - Jim Jarmusch

Notre Palme d'or, dit Télérama sur la jaquette du Dvd. Si les films de Jarmusch ont souvent été récompensés, aucun n'a jamais eu la Palme. Je ne sais pas si celui-ci aurait dû l'avoir, la méritait plus que le film primé ; pour moi, c'est toute l'œuvre de Jarmusch qui est une de mes Palmes d'or. 

J'aime par exemple l'œil qu'il pose sur le monde, son humour subtil, son éloge de la lenteur cinématographique. J'aime par exemple ses bandes originales ( Neil Young, John Lurie, Tom Waits, etc ), la galerie de musiciens qui peuple ses films, le cosmopolitisme de ses acteurs ...

Bien sûr, je suis parfois resté sur ma faim, c'est le cas avec The limits of control ou Coffee and cigarettes ( version long métrage ). Il faut dire que souvent il ne se passe pas grand-chose dans les films de Jarmusch, mais je préfère ses pas grand-chose aux trop de choses de beaucoup d'autres. 


Paterson habite à Paterson. Il y est conducteur de bus. Il y mène une vie réglée comme du papier à musique. Il se lève le matin à 6 heures 15, laissant sa compagne Laura dormir encore, déjeune et se rend à son travail. A la fin de son service, il rentre chez lui, remet droite quotidiennement la boite aux lettres qui penche, écoute le récit de la journée de Laura ( elle a fait des cupcakes, elle a repeint quelque chose dans la maison en noir et blanc, ses couleurs fétiches : un rideau, une de ses robes ... ). Apres dîner, il sort leur chien Marvin et s'arrête au bar de Doc où il écoute les petites histoires des habitués comme il l'a fait dans la journée pour ceux de son bus.

Mais dans sa vie, il y a autre chose. Une grande chose. Une deuxième grande chose après son amour pour Laura : la poésie. La poésie qu'il écrit, remplissant son cahier secret. Car elle est partout. Il suffit de savoir regarder. Le poème - c'est comme les chansons pour Keith Richards : elles sont dans l'air, on les attrape ou non - peut venir n'importe quand et de n'importe où. Il peut partir d'une petite boîte d'allumettes et grossir en un beau poème d'amour. C'est comme ça qu'a dû venir "Juste pour te dire" à William Carlos Williams, poème lu dans le film, Williams, natif de la ville de Paterson et qui donna ce nom à sa grande œuvre.


Paterson ( Jim Jarmusch ) ( 2016 )

jeudi 15 octobre 2020

Les oliviers du Négus - Laurent Gaudé

 


Les oliviers du Négus est un recueil de quatre nouvelles seulement, mais toutes excellentes. Laurent Gaudé sait saisir le moment de vérité de ses personnages et son style leurs questionnements, leurs doutes, leurs résolutions face à l'adversité quelle qu'elle soit.

Pourtant, ses personnages viennent d'horizons et d'époques bien diverses. Deux nouvelles nous emmènent en Sicile - décidément un pays cher à l'auteur -, la première auprès d'un homme et de sa famille se rendant à l'enterrement de Zio Négus ( surnom qu'il attrapa à son retour de la guerre en Ethiopie ) et ses souvenirs de cet homme le font réfléchir aux traces que l'on laisse ... la seconde auprès d'un juge à Palerme qui lutte contre la "Bête", qui après l'exécution de son ami Giovanni Falcone, sait maintenant qu'il est le prochain sur la liste et raconte de l'intérieur ses derniers jours. De derniers jours, il en est aussi question dans les deux autres histoires, une nous entraînant aux confins de l'Empire Romain à la suite d'un centurion, l'autre à celle d'un soldat durant la Première Guerre Mondiale. 

Quatre nouvelles bien différentes les unes des autres mais qui toutes ont la mort en commun. La mort qui s'annonce, qui est là, qui s'amuse à faire des œillades à ses prochaines proies ... hommes ... empire ... planète ?


Les oliviers du Négus ( Laurent Gaudé ) ( 2011 )  Editions Actes Sud

lundi 12 octobre 2020

Bords de l'Arno ( Oscar Wilde )

 


La très longue, saisissante, importante Ballade de la geôle de Reading ( 1898 ), que je ne peux reproduire ici, est dans ce petit recueil précédée d'une sélection de vingt-quatre poèmes de 1881. En voici un. 


Bords de l'Arno 

Le laurier-rose sur le mur
Vire au pourpre à la lueur de l'aube,
Mais l'ombre grise de la nuit
S'étend encore sur Florence. 

La rosée éclaire la colline,
Les bourgeons brillent tout là-haut, 
Mais, ah ! les cigales ont fui
Et leur chant attique a cessé. 

A peine si les feuilles bougent
A la suave brise légère 
Et, dans le vallon fleurant l'amandier, 
Chante un rossignol solitaire.

Le jour, bientôt, te fera taire,
Ô rossignol, poursuis ton chant d'amour !
Tandis que sur l'ombreux bocage
Se brisent les flèches de la lune.

Bientôt, le matin filtrera 
De vert vêtu, sur le silence des pelouses
Et lancera à l'amour apeuré 
Les traits blancs de l'aurore, 

En se hissant à l'orient,
Terrassant la nuit qui frémit, 
Sans souci que mon cœur soit heureux 
Ou que meure le rossignol. 


La ballade de la geôle de Reading ( Oscar Wilde  ) ( 1881 ) ( 1898 ) Editions Folio.

lundi 5 octobre 2020

Leonard Cohen : interviews & conversations

 


Ce livre est comme son nom l'indique un recueil d'interviews de Leonard Cohen. Onze, pour être exact, plus ou moins longues, allant de 1965 à la dernière de 2016 au journal belge Moustique. En point d'orgue, l'entretien très fourni paru en Juillet 1991 dans Les Inrockuptibles Mensuel n°30. Une journée avec Leonard Cohen pour le récit d'une vie. En voici un petit extrait.

Christian Fevret

Vers 20 ans, vous avez été confronté à d'autres disparitions douloureuses. Les avez-vous abordées avec le même détachement que lors de la mort de votre père ?

Leonard Cohen 

J'imagine que oui. Irving Layton a un bon poème sur moi - il me connaissait bien à cet âge-là, j'avais 35 ans, mais il me connaissait depuis mes 17 ans. Il contient une image où je regarde impassiblement un massacre. 

Christian Fevret 

Plus tard, vous avez dit n'avoir eu peur de rien à cette époque : c'est une affirmation très impressionnante.

Leonard Cohen 

Surtout de la part d'un poltron ! Nous étions tous très sûrs de nous à cette époque. Nous ne spéculions pas sur des choses comme la mort, nous n'étions pas français ! Je savais que le monde était une boucherie, mais je pensais que c'était normal. Et je le pense toujours. Jamais je n'ai cru pouvoir le traverser sans être méchamment tailladé. Mais j'étais prêt pour le voyage. Anxieux, mais disposé à le faire. 

Christian Fevret 

Les gens ont ensuite parlé de vous comme d'un jeune homme très troublé, incertain de ses convictions, quelqu'un d'un peu absent.

Leonard Cohen 

Eh bien ... J'ai commencé à déprimer peu après cette déclaration d'intention héroïque !

.../...


Ultime : Leonard Cohen Interviews & conversations ( 2019 ) Editions Nova


mercredi 30 septembre 2020

Une chanson de Lhasa pour le Liban

Dimanche dernier, j'ai entendu un extrait de Mappemonde, chanson écrite pour le concert caritatif Unis pour le Liban. Hiba Tawaji, M, Ibrahim Maalouf sur des mots d'Andrée Chedid. Superbe. 

J'ai pensé à Anywhere on this road que Lhasa avait enregistré avec Ibrahim Maalouf pour son deuxième album The living road. Je ne sais pas si demain soir quelqu'un chantera Lhasa mais elle serait à sa place. Elle avait un grand-père libanais. Elle a chanté Fairouz. 

Voici une version en public et une avec Yael Naïm au chant.






mardi 29 septembre 2020

L'amant de Lady Chatterley - D.H. Lawrence

 


L'histoire du livre de D.H. Lawrence est très célèbre. Plusieurs adaptations au cinéma ont eu lieu. Constance, Lady Chatterley, mariée à Sir Clifford, le trompe avec Oliver Mellors, son garde-chasse. L'amant de Lady Chatterley, publié en 1928 en Italie, a été interdit en Angleterre et aux États-Unis jusqu'en 1960 à cause de scènes sexuelles explicites. 

La jeune écossaise Constance ( Connie ) Reid, devient après son mariage Lady et vient s'installer à Wragby, le fief des Chatterley, dans un pays de mines de charbon qui commence à changer, à se déboiser pour s'industrialiser de plus en plus mais qui en même temps entrevoit un avenir fait de récession.  Son mari Clifford, revenu de la Première Guerre Mondiale dans un fauteuil roulant, devient d'abord un écrivain au succès grandissant puis un patron, reprenant enfin la sucession de son père et s'y consacrant totalement. Quelque soit son activité, il est profondément ennuyeux dans l'intimité de son foyer, dans ses conversations et la jeune Lady dépérit auprès de lui, d'autant plus que la guerre l'a rendu incapable de remplir son devoir conjugal. Après avoir croisé le garde-chasse du domaine, Mellors, elle tombe rapidement dans ses bras. Celui-ci lui fait découvrir le plaisir sexuel, la fait se découvrir elle-même, sa vraie nature, quelqu'un fait pour la sensualité, pour la maternité et pas pour cet intellectualisme un peu vain de son mari et de ses amis. 

Ce sont ses convictions que D.H. Lawrence a donné à ses deux héros amoureux Constance et Mellors. Celles prônant un retour au plaisir et à la nature contre un régime de tabous sexuels et un monde industriel généré par un appât du gain toujours plus grand. 

C'est un livre très facile, que j'ai pris plaisir à lire. On ne peut qu'être séduit par l'histoire de Constance et Mellors et je l'ai été, ils s'aiment vraiment, mais on peut trouver aussi, comme moi, que la charge contre Sir Clifford est un peu forte : son dédain envers le "petit" peuple, son impuissance, son cynisme ... D.H. Lawrence a décidé qu'il n'y aurait rien pour lui.


L'amant de Lady Chatterley ( David Herbert Lawrence ) ( 1928 ) Editions Le Livre de Poche

mardi 22 septembre 2020

Les braises - Sandor Marai

 


Les braises, c'est un rendez-vous. Il a été pris par les deux meilleurs amis du monde ; il a été tacitement pris ; quarante-et-un ans auparavant. Dans son château, le général Henri reçoit la visite de son vieil ami Conrad. De si nombreuses années, plus de quatre décennies qu'il attend et prépare cette rencontre.

Les deux se sont connus jeunes, faisant ensemble l'école militaire, Henri le fortuné accueillant le moins chanceux Conrad. Tout, à cette époque-là, aurait pu être pour le mieux si Conrad ne s'était révélé au fil du temps différent, peu fait pour la carrière des armes et plus pour la musique et l'art en général. Henri, pendant toutes ses années de solitude, séparé de sa femme Christine pour une raison et d'une manière que l'on apprendra et encore après la mort de celle-ci, a eu tout le temps du monde de ruminer cette affaire, de se poser des foules de questions, d'y répondre. Ce qui fait que cette rencontre aurait pu ne pas avoir lieu mais elle a été inscrite quelque part et fatalement ... Petit à petit, Henri refait pendant cette soirée et cette nuit qu'il va passer avec Conrad le bilan de sa vie, celui qu'il a mis quarante-et-un ans à élaborer. Petit à petit, nous découvrons ce qui a séparé les deux hommes, la raison pour laquelle Conrad est parti du jour au lendemain sous les Tropiques.

Nous sommes aux premiers bourdonnements de la Seconde Guerre Mondiale - ils ont vécu bien différemment la Première, Henri au feu, Conrad très loin de lui - et les deux vieillards observent en même temps que leur histoire conjointe, la Grande, en même temps que leur décrépitude, celle de leur pays qui n'est plus, celle de leur génération qui sera bientôt du passé. 

Sandor Marai est encore un nom dont je n'avais jamais entendu parler avant d'aller sur le blog de Claude ( Blogart / La Comtesse ).  Merci Claude pour cette nouvelle découverte importante. 


Les braises ( Sandor Marai ) ( 1942 ) Éditions Le Livre de Poche. 

mercredi 16 septembre 2020

Compilation 2020 / Numéro 1

1) Echoes, part 1 ( Pink Floyd )

2) Anyway the wind blows ( Eric Clapton / J.J. Cale and friends )

3) Roads ( Portishead ) 

4) Chocolate Jesus ( Tom Waits ) 

5) The sound of silence ( Simon and Garfunkel ) 

6) Hemingway ( Paolo Conte ) 

7) Dollar bill blues ( Townes Van Zandt ) 

8) Ball and chain ( Big Brother and The Holding Company with Janis Joplin ) 

9) Shelter from the storm ( Bob Dylan ) 

10) The river ( Bruce Springsteen ) 

11) Mr. Soul ( Neil Young ) 


Pink Floyd, pour moi, c'est 1967-1977, rien à jeter, même les morceaux les moins bons. Après 1977, c'est autre chose. 

1971 : les Pink Floyd en live - et de concert - avec sans doute déjà en tête ce qui deviendra leur grande œuvre, Dark Side of the moon. 

Le titre Echoes, dans l'amphithéâtre de Pompéi, est parfaitement approprié en ces lieux avec pour seul public peut-être celui composé des fantômes des personnes mortes dans l'éruption du Vésuve. 





Album de la semaine #52

Rain dogs - Tom Waits - 1985 Extrait : Downtown train Voilà, c'est le dernier post de ce blog. Merci à tous les visiteurs, merci pour to...